Bruxelles, 30/11/2006 (Agence Europe) - « Solidarité » entre les pays de l'UE et « équilibre » dans les relations avec Moscou étaient les mots clés du débat que le Parlement européen a eu mercredi sur les relations entre l'UE et la Russie et sur les résultats du récent Sommet (EUROPE n°9314).
Solidarité, avec la Pologne dans l'affaire de l'embargo russe contre les importations de viande, un problème qui, suite au veto polonais au Conseil de l'UE, empêche toujours l'ouverture des négociations sur le nouvel accord de partenariat avec la Russie. Pratiquement tous les députés ont insisté sur la nécessité pour l'UE de se montrer solidaire avec la Pologne et de faire bloc contre toute sorte de discrimination à l'égard d'un Etat membre. « Le groupe du PPE comprend la position de la Pologne », a déclaré le Néerlandais Camiel Eurlings qui demande que la Russie accepte un « dialogue constructif » sur cette question pour trouver une solution le plus rapidement possible. « S'il s'agit d'une mesure discriminatoire, la Pologne mérite notre entière solidarité », a aussi estimé l'Autrichien Hannes Swoboda pour le groupe du PSE. Au nom des Verts, Daniel Cohn-Bendit a dénoncé une « situation surréaliste »: « Ou bien la viande polonaise est mauvaise, alors M. Poutine a raison et il ne faut pas que cette viande continue d'être distribuée en Europe. Ou bien la viande polonaise est bonne, auquel cas elle peut être distribuée en Europe et ce que font M. Poutine et la Russie n'est pas juste et il faut prendre des sanctions à leur égard ». Il faut que l'UE reste unie pour défendre la cause de la Pologne dans cette affaire, a aussi insisté le Polonais Konrad Szymanski (UEN): « Si la Russie parvient à nous diviser, alors elle aura gagné », a-t-il dit. Elmar Brok (PPE-DE) a également insisté sur la solidarité avec Varsovie: le veto polonais n'est pas très utile dans le sens où il empêche de négocier avec les Russes un accord qui pourrait clarifier les relations avec Moscou, mais l'Union doit clairement démontrer à M. Poutine qu'elle est unie et qu'elle ne « bouge » pas seulement quand les intérêts de l'Allemagne, de la France ou du Royaume-Uni sont en jeu, mais aussi quand il s'agit d'un « petit » ou d'un nouveau membre, a insisté M. Brok. Moscou veut diviser l'UE en « bons » pays membres, comme l'Allemagne et la France, et en « mauvais », comme la Pologne et les pays baltes, a estimé le Polonais Boguslaw Sonik (PPE-DE). La Commissaire Benita Ferrero-Waldner a réfuté les critiques selon lesquelles, dans le passé, la Commission n'aurait pas suffisamment défendu la Pologne dans l'affaire de l'embargo russe contre les importations de viande. « Je n'accepte pas l'argument selon lequel nous n'avons pas montré notre solidarité avec la Pologne. Nous avons travaillé très durement pour résoudre ce problème, alors qu'officiellement, la Commission n'est même pas compétente en matière d'exportations », a expliqué Mme Ferrero-Waldner.
La nécessité d'assurer un meilleur « équilibre » dans les relations avec la Russie - équilibre entre importance stratégique, approvisionnement énergétique et commerce, d'une part, et Etat de droit, libertés individuelles et droits de l'Homme, d'autre part - a également été soulignée par la plupart des députés. (hb)