Bruxelles, 29/09/2006 (Agence Europe) - « De plus en plus de Luxembourgeois revendiquent un statut pour notre langue dans l'Union européenne », affirme dans une lettre ouverte la parlementaire européenne luxembourgeoise Astrid Lulling, qui note que la pression dans ce sens a augmenté depuis que l'irlandais est devenu une langue officielle de l'UE, avec la décision du Conseil du 13 juin 2005 modifiant le statut des langues officielles « ancré dans le règlement du 15 avril 1968 ». Selon la démocrate-chrétienne luxembourgeoise, cependant, ce « ne serait certainement pas indiqué de dépenser des millions d'euros supplémentaires pour traduire les propos en luxembourgeois des députés européens et des ministres » (d'autant plus qu'ils savent tous « lire, écrite et parler en français, en allemand et même en anglais »), mais on pourrait malgré tout « donner un statut à la langue luxembourgeoise ». Il s'agirait de « la reconnaissance que le luxembourgeois est notre langue nationale, fixée par la Constitution, et bénéficie de droits comme toutes les langues », mais en même temps, le Grand-Duché devrait « renoncer de son propre chef à certaines prérogatives (…), à savoir la traduction de la législation européenne en luxembourgeois et la possibilité de faire des discours en luxembourgeois au Conseil ou au Parlement ».En quelque sorte, conclut Mme Lulling, « le luxembourgeois deviendrait une « langue officielle tacite ». Sa visibilité en serait accrue, par exemple, sur les cartes de vœux du PE, qui comprendraient les vœux exprimés dans toutes les langues nationales des Etats membres ».