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Bulletin Quotidien Europe N° 9230
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

La croissance, qui pourrait s'avérer supérieure aux prévisions, doit servir à consolider les finances publiques, avertissent Jean-Claude Juncker et Joaquin Almunia

Bruxelles, 11/07/2006 (Agence Europe) - De nombreux éléments figurent au programme de travail de l'Eurogroupe pour le reste de l'année 2006, a rappelé lundi soir à la presse le ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, après la réunion des ministres des Finances de la zone euro qu'il présidait. La représentation extérieure de la zone euro, le nouveau mécanisme de consultations multilatérales sur les déséquilibres globaux mis en place par le Fonds monétaire international et au sein duquel la zone euro côtoiera les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l'Arabie Saoudite, en font partie. Plus directement, l'Eurogroupe examinera, comme de coutume, l'évolution de la situation économique, l'application du Pacte de stabilité et de croissance révisé (PSC) et la poursuite des réformes structurelles des marchés des services, des produits et du travail. Enfin, comme point d'honneur, le Président de l'Eurogroupe a espéré des progrès afin de « mieux répondre aux exigences en matière d'harmonisation des procédures budgétaires ». Un débat en cours depuis un an et qu'il voudrait bien « conclure au niveau de l'Eurogroupe ». Pour l'heure, les ministres ont surtout souligné les résultats encourageants pour la croissance, des résultats qui les placent aussi face à leurs responsabilités en vertu du Pacte de stabilité et de croissance modifié (voir EUROPE n° 9229 au sujet des conclusions adoptées par le Conseil Ecofin sur les finances publiques dans l'UE).

Le 10 juillet, les ministres des Douze ont d'abord évoqué la situation budgétaire de la zone euro « en général », a précisé à la presse M. Juncker, se disant « inquiet du peu d'enthousiasme » des gouvernements à se conformer à l'ensemble des règles du Pacte de stabilité. Il y a « d'assez considérables différences entre ce qui a été annoncé dans les programmes de stabilité et ce qui est appliqué in concreto », a-t-il jugé, rappelant qu'il fallait « tirer profit de la bonne conjoncture » actuelle et affecter ces gains à la réduction des déficits et de la dette. Identifiant trois groupes d'Etats membres, « ceux qui ne sont pas encore sages mais sont sur la voie de la sagesse » (l'Autriche, la Belgique et le Luxembourg), ceux qui sont en procédure pour déficit excessif et ceux qui ont atteint leur objectif à moyen terme, M. Juncker a adressé à chacun d'eux un message conforme aux exigences auxquelles ils ont souscrit en réformant le Pacte. Aux premiers, il réclame « davantage d'efforts pour maintenir l'évolution des dépenses en 2006 et plus encore en 2007 », s'adressant aux seconds, il a « lourdement insisté » pour qu'ils réduisent leurs déficits, et aux derniers, il a dit de « ne pas appliquer de politique pro-cyclique ».

De la même manière, Joaquin Almunia a fait part de ses « vives préoccupations » pour l'assainissement budgétaire, surtout pour les pays qui ne sont pas engagés dans une procédure de déficit excessif et dont les efforts ne sont pas à la hauteur du Pacte et de son volet préventif. D'autant que cette période de croissance économique favorable pourrait se prolonger, a souligné le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, enfonçant ainsi le clou des exigences du Pacte. « Plus optimiste » qu'il y a deux mois, au moment des prévisions économiques de printemps, M. Almunia a en effet estimé que si les indicateurs continuent de pointer dans la bonne direction, les projections intérimaires de la Commission de septembre « pourraient s'améliorer » par rapport à ce qui était anticipé en mai (2,1% de croissance pour la zone euro en 2006).

Du côté des risques pour la croissance, « un souci probable à se faire en ce qui concerne l'inflation » s'ajoute aux récurrentes inquiétudes face aux prix du pétrole, a aussi commenté M. Juncker, qui, comme à son habitude, n'a pas souhaité spéculer sur une éventuelle hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne dès le mois d'août (EUROPE n° 9227). Interrogé par la presse, M. Juncker a simplement confirmé qu'il ne faudrait « pas être surpris si la Banque se comporte de la manière dont l'a prédit son Président la semaine précédente ». « Si la BCE estime qu'elle peut augmenter les taux d'intérêt, sans doute estime-t-elle aussi que la croissance est suffisamment robuste pour pouvoir s'accommoder d'un autre relèvement des taux », a remarqué le Président de l'Eurogroupe.

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