Bruxelles, 11/07/2006 (Agence Europe) - Un groupe de 35 députés européens appartenant à cinq différents groupes politiques (PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, UEN) a envoyé une lettre ouverte aux dirigeants des pays membres du G8 et au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, les exhortant à soulever « clairement et sans équivoque » la question des droits de l'Homme et des déficits démocratiques en Russie lors du Sommet de Saint-Pétersbourg (15-17 juillet). Sous le Président Vladimir Poutine, la démocratie en Russie a connu une évolution préoccupante qui fait qu'aujourd'hui, Moscou et les sept autres membres du G8 ne partagent plus les mêmes valeurs, estiment les signataires de la lettre qui critiquent le recul du respect des principes démocratiques en Russie: suppression de la presse indépendante et d'organisations non gouvernementales, tenue d'élections qui sont « libres, mais pas équitables » et mise à l'écart des opposants politiques à l'aide de procès douteux et d'emprisonnements dans des circonstances particulièrement rudes. La lettre ouverte cite notamment les cas de Mikhail Khodorkovsky et de Platon Lebedev dont les droits fondamentaux de défense n'ont pas été respectés et qui souffrent, disent les députés, de conditions de détention inhumaines. « En tant que défenseurs de la démocratie et de la prospérité du peuple russe, nous suivons ces développements avec grande préoccupation et regret », lit-on dans la lettre. « L'attitude de la Russie est totalement inacceptable et va à l'encontre du statut d'un pays membre du G8. L'Union européenne est restée muette trop longtemps déjà. Le Sommet du G8 à Saint-Pétersbourg offre une bonne opportunité pour parler de ces sujets. L'inclusion de la Russie dans le G8 devrait rester conditionnée à un véritable engagement en faveur d'un développement démocratique du pays et la mise en place d'une véritable économie de marché », affirment les 35 parlementaires européens.
Présentant la lettre devant la presse lundi après-midi, Vytautas Landsbergis (PPE-DE, lituanien) a mis en garde les Européens contre une politique d'« appeasement » à l'égard de Moscou. « Ce n'est pas parce que l'Union européenne a des intérêts économiques, énergétiques et politiques importants en Russie qu'elle doit se taire devant les violations des droits de l'Homme et des valeurs démocratiques », a martelé M. Landsbergis. Le Vert allemand Milan Horacek a également souligné que l'UE n'avait pas le droit de « fermer les yeux » devant la dégradation continue de la démocratie et des droits de l'Homme en Russie (voir autre nouvelle au sujet de la conférence de presse du Président Barroso).
Les députés signataires sont: Vytautas Landsbergis, Bernd Posselt, Tunne Kelam, Michael Gahler, Ari Vatanen, Arpad Duka-Zolyomi, Maria de Assunçao Esteves, György Schöpflin, Gitte Seeberg (PPE-DE), Milan Horacek, Heide Rühle, Cem Özdemir, Angelika Beer, Sepp Kusstatscher, Elly de Groen-Kouwenhoven, Michael Cramer, Eva Lichtenberger, Claude Turmes, Gérard Onesta, Rebecca Harms, Gisela Kallenbach, Jean Lambert, Hiltrud Breyer, Elisabeth Schroedter, Friedrich-Wilhelm Graefe zu Baringdorf, Satu Hassi, David Hammerstein-Mintz, Margrete Auken, Hélène Flautre, Marie Anne Isler Béguin (Verts/ALE), Toomas Hendrik Ilves, Andres Tarand (PSE), Alexander Alvaro, Danute Budreikaite (ALDE), Girts Valdis Kristovskis (UEN).