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Bulletin Quotidien Europe N° 9197
Sommaire Publication complète Par article 35 / 36
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 688

*** ATTILIO STAJANO: Research, Quality, Competitiveness. Springer Science+Business Media (233 Spring Street, New York, NY 10013, USA. Internet: http://www.springeronline.com ). 2006, 456 p.. ISBN
0-387-28741-8.

C'est une évidence, la mondialisation et l'innovation ont bouleversé les structures traditionnelles. Dans ce contexte, la compétitivité est le maître mot. Et c'est bien connu, elle passe notamment par l'innovation qui elle-même repose sur la recherche. Mais il est aussi de notoriété publique que l'Union européenne peine à se hisser, dans ce domaine, aux niveaux de concurrents internationaux comme les Etats-Unis ou le Japon. Cependant, l'Union demeure à la pointe de la compétition dans certains secteurs - mêmes « High tech » - généralement matures et où la qualité compte plus que le prix. « La qualité supérieure des produits et services européens peut les rendre compétitifs malgré les coûts élevés du travail et le niveau de vie dans le l'Union des Quinze », constate d'emblée l'auteur. Toutefois, comme le souligne aussi Attilio Stajano, « le nouveau moteur de la croissance est l'information ». Il insiste donc sur l'importance pour l'Europe de saisir les opportunités de la société de l'information, notamment dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne. Cependant, comme ses bénéfices ne seront ressentis qu'à long terme, il plaide pour que « ces actions soient entreprises aussi vite que possible avant que le positionnement de l'économie européenne soit irrémédiablement compromis par la présence agressive d'autres acteurs ».

Avant d'emmener le lecteur sur les chemins de la recherche et de la compétitivité, le Pr. Attilio Stajano souhaite d'abord leur donner les bases nécessaires à une bonne compréhension en présentant l'essentiel de l'Union européenne en général. Ce souci pédagogique n'est d'ailleurs pas neuf chez l'auteur, qui tire ce livre des cours sur la politique de recherche de l'Union qu'il a dispensés ces dernières années dans des universités d'Atlanta, Bologne et Ferrara. La première des trois parties du livre propose donc un survol des différentes phases de la construction de l'Union et une présentation de ses institutions, avant de passer en revue certains thèmes majeurs comme l'élargissement, le budget, l'Union économique et monétaire, le Marché intérieur et les règles de concurrence. La portion consacrée à la naissance et à l'évolution de l'Union, claire et allant à l'essentiel, décrit entre autres la substance et le rôle des traités successifs, une attention particulière étant consacrée au traité constitutionnel. Il faut d'ailleurs noter à ce sujet que l'auteur, comme beaucoup de ses pairs, semble avoir placé une confiance quelque peu excessive dans l'adoption du traité constitutionnel, tant il lui semblait acquis, à l'heure de la rédaction de cet ouvrage, que le texte proposé par la Convention serait adopté. Du coup, les chapitres suivants, sur les institutions et leurs actes, expliquent les choses telles qu'elles sont, mais aussi telles qu'elles seraient si la Constitution était en vigueur. Le chapitre consacré à l'élargissement ne se contente pas d'en présenter les tenants et aboutissants: il propose aussi une présentation (géographie générale, histoire récente, traits culturels, politiques et économiques) des dix nouveaux membres ainsi que des trois candidats. Le tout étant soutenu, comme pour l'ensemble du livre, par des tableaux et graphiques opportuns.

La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée à la compétitivité dans l'Union. Elle s'ouvre sur une présentation des caractéristiques générales des pays de l'Union: démographie, PNB, etc.. Pour des raisons évidentes de « recul » statistique, quelques données ne reprennent pas les nouveaux membres. De plus, Attilio Stajano consacre une attention particulière à l'Italie (comme dans différentes parties du volume), mais sans que celle-ci n'occulte d'aucune façon le reste. Viennent ensuite des études sur la compétitivité et la qualité dans l'économie européenne. Pointue, détaillée et richement illustrée, proposant de nombreuses comparaisons intra et extracommunautaires, cette partie est évidemment plus « économiquement » technique que la précédente. L'Italie sert encore d'étude de cas.

Livre dans le livre, la troisième partie présente dans le détail la politique technologique et de recherche que l'Union encadre et finance. L'auteur rappelle par ailleurs que la politique de recherche de l'Union n'est qu'une fraction de la recherche menée sur le continent: « La recherche de l'Union a comme objectif la compétitivité industrielle et le soutien à d'autres politiques de l'Union. Elle n'inclut pas la recherche et développement visant à accroître le savoir de l'humanité ou d'autres actions de recherche et développement laissées aux Etats membres selon le principe de subsidiarité ». Cette partie présente notamment les programmes-cadres, leurs principes et les thèmes qu'ils couvrent. Elle présente également le rôle de l'entreprenariat, de la collaboration universitaire et de l'innovation, avec une emphase sur la société de l'information.

En somme, on pourrait presque être tenté de dire que Attilio Stajano, fonctionnaire européen pendant treize ans et ayant aussi vingt ans d'expérience dans l'industrie des TIC, propose ici trois livres en un, tant les trois parties pourraient se suffire à elles-mêmes. L'auteur a cependant réussi à en faire un tout et on peut être d'accord avec lui lorsqu'il affirme que ce livre intéressera tant « les enseignants de politiques européennes de recherche ou de développement durable de l'économie, les économistes et décideurs politiques intéressés par la compétitivité que les industriels et académiciens de soumettre des propositions de recherches en vue d'un financement par les programmes-cadres ». Un CD-ROM, incluant des lectures complémentaires, des chiffres et des liens, est fourni avec le livre.

Frederik Ronse

*** DONATO MASCIANDRO (sous la dir. de): Handbook of Central Banking and Financial Authorities in Europe. Edward Elgar Publishing Limited (Glensanda House, Montpellier Parade, Cheltenham, Glos, GL50 1UA, UK .Tél.: (44-1242) 226934 - fax: 262111 - Courriel: info@e-elgar.co.uk - Internet: http://www.e-elgar.com ). 2005, 566 p., 125 £. ISBN 1-84376-789-9.

La déréglementation des marchés financiers a entraîné la redéfinition des rôles et objectifs des autorités monétaires de par le monde. Les banques centrales sont devenues plus indépendantes et ont maintenant comme objectif principal la stabilité des prix, la régulation et la supervision financière ayant été transférées dans plusieurs pays vers des agences séparées. A l'heure où l'organisation et les processus de régulation et supervision financière sont en plein changement, l'existence d'un livre se focalisant sur la matière ne peut être que bénéfique. Membre du Centre Paolo Baffi à l'Université Bocconi ainsi que du département d'économie, mathématiques et statistiques de l'Université de Lecce, Donato Masciandro a réuni, pour ce faire, une équipe d'experts européens de premier plan. L'ouvrage est divisé en trois parties. Les trois premiers chapitres analysent les interactions entre les banques centrales, garantes de la stabilité financière, et l'actuel transfert de la responsabilité de la supervision bancaire à une Autorité des services financiers (ASF). En d'autres mots, quelle est la part de responsabilité des banques centrales quand la supervision des institutions financières, y compris les banques, passe à une ASF ? Les onze chapitres de la deuxième partie traitent le même sujet de manière pratique et en rapport avec dix pays européens. Les auteurs de ces études sont pour la plupart des membres des ASF concernées et ont donc une vue directe et expérimentée sur le sujet. Le lien entre les organes de supervision au niveau national et la dimension européenne est établi dans le premier chapitre de la troisième partie, Nina Moss, coordinatrice internationale au Kredittilsynet norvégien, exposant la structure pour le moins compliquée des procédures des organes européens de coopération et de coordination, ainsi que les problèmes découlant d'une liste d'acronymes toujours grandissante et changeante qu'il faut mémoriser. La dernière partie est composée de trois autres articles dont le thème principal est la relation entre régulation/supervision au niveau européen/fédéral et au niveau national. (NDu)

*** MARKUS ELLER, PETER HAISS, KATHARINA STEINER: Foreign Direct Investment in the Financial Sector: The Engine of Growth for Central and Eastern Europe. Europainstitut, Wirtschaftsuniversität Wien (39-45 Althanstrasse, A-1090 Vienne. Tél.: (43-1) 31336 - 4135 - fax: 31336 - 758 - Courriel: europafragen@wu-wien.ac.at - Internet: http: //fgr.wu-wien.ac.at/institut/ef/ home01en.html). Collection "EI Working Papers", n° 69. 2005, 46 p., 7,20 €.

Les investissements directs étrangers (IDE) sont perçus comme l'un des meilleurs moyens d'obtenir une croissance économique soutenue dans les pays moins développés. Leur hausse dans le secteur financier des marchés émergents tend à corroborer ce point de vue. Les pays d'Europe centrale et de l'Est, où le capital est rare, la productivité basse et les banques peu efficientes, pensent de même et voient les IDE comme une composante clé de la résolution de leurs problèmes. Cette étude examine donc l'impact des IDE dans onze de ces pays entre 1996 et 2003. L'analyse vise à fournir des données empiriques sur l'investissement dans le secteur financier de ces pays, à analyser l'impact des IDE au niveau sectoriel et à modéliser la relation entre les banques étrangères et le développement économique en un modèle structurel et économétrique qui combine deux courants de recherche économique: la croissance par les IDE et la croissance par la finance. (NDu)

*** STEFAN VOGENAUER, STEPHEN WEATHERILL (sous la dir. de): The Harmonisation of European Contract Law. Implications for European Private Laws, Business and Legal Practice. Hart Publishing (Salter's Boatyard, Folly Bridge, Abingdon Rd, Oxford, OX1 4LB, UK. Tél.: (44-1865) 245533 - fax: 794882 - Courriel: mail@hartpub.co.uk - Internet: http//: http://www.hartpub.co.uk ). Collection "Studies of the Oxford Institute of European and Comparative Law", n° 1. 2006, 259 p.. ISBN 1-84113-591-7.

Dans son chapitre d'introduction, Stefan Vogenauer compare le droit européen des contrats à un spectre. C'est que si l'Europe présentait une certaine unité en la matière entre le XIIe et le XVIIIe siècle, l'émergence des codes de lois nationaux a fragmenté le droit des contrats, avant qu'il ne commence récemment à prendre un petit peu plus de substance. Mais peut-on cerner le droit européen des contrats ? Et puis, après tout, en a-t-on besoin ? Pour préparer le terrain, l'ouvrage commence par réaliser un état des lieux de la situation actuelle et présente alternativement les arguments en faveur et ceux qui sont contre une harmonisation plus poussée du droit contractuel. Il en ressort notamment que les droits nationaux sont généralement inadaptés face à l'internationalisation des échanges et qu'ils rentrent fréquemment en conflit avec le droit européen naissant. Les auteurs s'intéressent donc ensuite à la manière dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas ont abordé le problème de ce conflit de droits. De plus, ces deux derniers pays ont mené une refonte de leur droit civil assez récemment (les Pays-Bas l'ont entamée en 1947 et plus ou moins conclue en 1999!), ce qui peut donner des indications utiles sur les défis que pourrait susciter une harmonisation. Les coordinateurs répercutent également le point de vue des entreprises en proposant les résultats d'une étude menée en collaboration avec le cabinet Clifford Chance auprès de nombreuses sociétés menant des activités transfrontalières. Le livre aborde également d'autres facettes de la question, par exemple l'usage de termes standardisés dans les contrats ou encore la légitimité de la Commission à intervenir sur le sujet, levant les questions "de la relation entre la puissance des Etats et le rôle de l'Union" et de "l'équilibre entre, d'une part, la centralisation et l'uniformité en Europe et, d'autre part, la tolérance de la diversité et le respect pour l'autonomie locale"). (FRo)

*** DANYEL REICHE (sous la dir. de): Handbook of Renewable Energies in the European Union. Case studies of the EU-15 States. Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Fax: (41-32) 3761727 - Internet: http://www.peterlang.de ). 2005, 330 p.. ISBN 3-631-53560-0.

Tout ce qui est à savoir sur la manière dont les énergies renouvelables sont traitées dans chacun des anciens Etats membres de l'Union se retrouve consigné dans cet ouvrage, version mise à jour et enrichie d'un manuel sorti une première fois voici quatre ans (lequel avait, depuis, déjà été complété géographiquement, les dix nouveaux Etats membres ayant été couverts de la même manière). Chercheur à l'Université libre de Berlin, Danyel Reiche s'appuie sur le travail précis de collègues qui signent les quinze études de cas, signalant et expliquant toutes les évolutions qui sont intervenues sur le "front" des énergies renouvelables et évaluant la faisabilité des projets en cours de réalisation ou retenus. Tous les chapitres bénéficient d'une structure identique, ce qui rend les comparaisons plus aisées. Tous commencent par une définition "nationale" des énergies renouvelables, une présentation de la politique énergétique en vigueur et des principaux acteurs, avant que ne soient mis en lumière les instruments visant à promouvoir les énergies concernées, ainsi que les obstacles qu'elles rencontrent et les conditions que leurs promoteurs auront à remplir pour parvenir au succès. Pour ne rien gâter, l'étude est enrichie par des informations pratiques: sites Internet, coordonnées des associations concernées et des journaux pertinents… (LD)

*** ANDRE SCHNEIDER: L'après-pétrole en Europe. Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 4 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40636121 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Les rapports d'information de l'Assemblée nationale", n° 2839. 2006, 101 p., 5 €. ISBN 2-11-119922-2.

Pourquoi faut-il impérativement renforcer les dispositions concernant l'efficacité énergétique ? Qui, de l'Union et des Etats membres, est le plus à même de mettre en œuvre des mesures adaptées ? Comment faire les choix les plus pertinents ? Telles sont les trois questions qui servent de fil rouge à ce Rapport d'information qui a été conçu comme une contribution de l'Assemblée nationale française au "Livre vert" lancé par la Commission avant d'élaborer un nouveau plan d'action sur l'efficacité énergétique dans l'Union. Il va de soi qu'avec un baril de pétrole au prix fort et la disparition programmée des hydrocarbures, sans même parler des émissions de gaz à effets de serre à l'origine des menaces liées au réchauffement climatique, cette problématique ne peut plus être éludée. Le mérite d'André Schneider est d'en situer les enjeux essentiels de manière très accessible. (PBo)

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