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Bulletin Quotidien Europe N° 9193
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/palestine

Le président Abbas souhaite un « rôle d'avant-garde de l'Europe » et demande de donner une chance au nouveau gouvernement palestinien, qui devra « s'adapter » - Appel au gouvernement israélien à négocier, alors que ses projets unilatéraux compromettent les chances d'une solution fondée sur deux Etats

Strasbourg, 16/05/2006 (Agence Europe) -« Dans ce moment difficile, il est normal pour nous Palestiniens de tourner le regard vers l'Europe. Nous appelons à un rôle d'avant-garde de l'Europe » à laquelle nous sommes liés par un « bon voisinage historique », a déclaré le 15 mai au Parlement européen le Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, chaleureusement accueilli par les députés qui, debout, l'ont applaudi de manière vigoureuse et soutenue. Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, il faut partir « d'un partenariat, de la compréhension de l'autre », alors qu'Israël refuse ce partenariat, a dit aux députés
M. Abbas, qui a fustigé en particulier les colonies de peuplement, la construction du mur, la situation dans les prisons, « l'humiliation systématique de gens qui veulent simplement se rendre dans leurs champs, aller travailler, aller à l'hôpital ou à la mosquée ou accompagner leurs enfants à l'école », et la destruction pas les Israéliens des « infrastructures que vos pays ont contribué à construire ». Malgré « notre forte déception et notre frustration », nous avons rejeté le terrorisme sous toutes ses formes, mais « Israël n'a pas répondu à notre main tendue », a-t-il ajouté. En même temps, il a reconnu que « depuis quatre mois, nous vivons une expérience sans précédent », avec l'arrivée au pouvoir du Hamas, « un gouvernement dont le programme ne va pas de pair avec le mien ». J'ai demandé que ce programme corresponde aux engagements que nous avons pris, a-t-il indiqué, en annonçant: « bientôt, un dialogue national va s'engager » chez nous, et « j'espère qu'il aboutira à des ajustements ». « Ce gouvernement mérite une chance, pour qu'il puisse s'adapter » aux réalités, a plaidé le Président palestinien. « Nous couper les vivres dans ces circonstances difficiles ne peut qu'aggraver la situation », a affirmé M. Abbas, qui a « remercié du fond du cœur le Quartette » pour avoir décidé de chercher les moyens de rétablir l'aide au peuple palestinien (voir EUROPE n° 9189 et n° 9192 au sujet des délibérations du Conseil de l'UE). De nouveau, fortement applaudi par la plénière, le Président Abbas a demandé par ailleurs à Israël de « nous verser la totalité des droits de douane et taxes qui nous sont dus ».

Le Président Abbas a terminé son discours par un appel à Israël à s'asseoir à la table de négociation, pour « conclure un accord marquant la fin de ce conflit interminable ». Lorsque j'ai félicité le Premier ministre Olmert, j'ai assuré notre « volonté immédiate de reprendre les négociations de paix », s'est-il exclamé, en avertissant: « le monde entier le demande ». Or, a-t-il regretté, le gouvernement israélien affirme qu'il n'a « pas d'interlocuteur palestinien », comme il l'avait fait par le passé pour éviter de négocier avec nous. Et ses projets unilatéraux compromettent toute chance d'une solution de paix fondée sur deux Etats, a déploré M. Abbas, en exprimant son inquiétude pour l'intention du gouvernement Olmert de « tracer les frontières définitives de l'Etat hébreu au détriment des territoires palestiniens », de procéder à une « annexion de vastes territoires palestiniens pour en faire des îlots dispersés, dépourvus de sources d'eau ».

Le Président Borrell a accueilli le Président Abbas comme « le seul acteur capable de parler à la fois avec tous les interlocuteurs », et un homme qui a démontré concrètement sa volonté de paix et de dialogue depuis les années 70. « Personne ne peut douter de votre engagement en faveur de la paix », a affirmé M. Borrell, qui a par ailleurs noté que « la communauté internationale commence à se rendre compte des dangers entraînés par l'interruption de l'aide au peuple palestinien ».

« Le peuple palestinien fait face à une catastrophe humanitaire si on décide de couper les aides », a déclaré ensuite à la presse Mahmoud Abbas. Le risque de ne plus pouvoir payer les 160.000 fonctionnaires (et, indirectement, le million de personnes qui en dépendent) entraînerait une « paralysie » de la vie du pays et pourrait « aboutir à un chaos dont nous ne pouvons pas préjuger des conséquences », observe-t-il, en tirant la sonnette d'alarme: « Ne laissez pas le peuple palestinien en arriver là ». Nous avons besoin de temps, d'aide et d'assistance, a-t-il insisté, en estimant que « si l'UE lève la voix, cela aura une certaine influence » sur la question des prélèvements israéliens. M. Abbas a aussi tenu à rassurer sur le maintien de la démocratie dans les territoires. « Nous n'avons pas d'autres options que la démocratie », car nous souhaitons « créer une Autorité moderne, contemporaine, bien acceptée dans le concert des nations », a-t-il dit.

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