Strasbourg, 10/04/2006 (Agence Europe) - Un Parlement européen très désenchanté mais décidé quand même à maintenir la pression (« nous devrions avoir honte ! », se sont exclamés plusieurs députés) a adopté le 6 avril une énième résolution sur le Darfour, en dénonçant, une fois de plus, le soutien actif que le gouvernement soudanais continue de donner à la milice janjawwed, « non seulement en armant les bandes, mais également en participant à des attaques perpétrées contre les villages avec des véhicules d'appui », des témoins oculaires ayant en outre fait état de « tirs des troupes héliportées du gouvernement ». La résolution rappelle que le gouvernement soudanais a déclaré que la présence internationale de l'ONU prévue après la mission de l'Union africaine (dont le mandat a été prolongé jusqu'au 30 septembre prochain) « tiendrait du colonialisme » et qu'il a « menacé de quitter l'Union africaine si cela devait se produire ». Le PE, en outre, critique vivement le gouvernement du Soudan pour avoir empêché Jan Egeland, Secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires et l'aide d'urgence, de se rendre au Darfour le 3 avril dernier. Dans ces conditions, le Parlement prie le Conseil de sécurité de se réunir « pour s'atteler au problème de la violence au Darfour, qui est assimilable à un génocide», et de se charger de la protection des civils, et aussi de prolonger l'embargo sur les ventes d'armes au Darfour et de l'élargir à tout le Soudan et de créer « une zone strictement interdite de survol qui couvre l'ensemble du Darfour et qui soit effectivement respectée ». Le Parlement invite les Etats membres de l'UE à veiller à ce que « la mission actuelle AMIS (chargée avant tout de l'observation de l'accord de cessez-le-feu humanitaire) soit dotée de moyens de financements adéquats et équipée de manière à pouvoir jouir de l'interprétation la plus large de son mandat limité ». L'UE et les autres acteurs internationaux doivent contribuer à mettre fin à l'impunité et essayer d'obtenir que le régime des sanctions du Conseil de sécurité comporte des sanctions ciblées pour ceux qui entravent le déploiement des forces de l'ONU, dit le Parlement, qui « critique les efforts déployés par les Russes et les Chinois pour entraver les actions du Conseil de sécurité au Darfour » et prie la communauté internationale d'exercer davantage de pression sur ces pays pour « empêcher que les intérêts économiques que représente la vente de pétrole et d'armes mettent en péril le processus de paix au Darfour ». Le Parlement se joint aussi aux appels pour que cesse « la conscription forcée des réfugiés soudanais pratiquée au Tchad ».