Bruxelles, 10/03/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé, le 9 mars, une enquête complémentaire sur des cas atypiques d'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) détectés sur deux moutons français et un ovin chypriote. Elle veut s'assurer que ces animaux, qui semblent atteints par la tremblante, n'ont pas contracté en réalité l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). L'ESB n'a jamais été décelée, à l'état naturel, chez le mouton, mais, en janvier 2005, un cas de « chèvre folle » avait ainsi été détecté en France. Le laboratoire communautaire de référence de Weybridge (R.-U.) a remarqué, après des premiers tests, que ces moutons présentent un profil moléculaire inhabituel et estimé que les preuves ne sont « pas suffisantes pour exclure définitivement l'éventualité de cas d'ESB ». L'enquête complémentaire demandée par la Commission, qui sera réalisée par le laboratoire communautaire britannique, consiste en l'inoculation de cellules des cerveaux des trois moutons à des souris pour étudier leur évolution. Le résultat de ces tests ne sera pas connu avant 12 à 18 mois.
« La santé publique n'est aucunement menacée » car les « animaux malades ne sont pas entrés dans la chaîne alimentaire humaine ou animale et des mesures draconiennes de police sanitaire sont appliquées à tous les ruminants d'élevage », assure la Commission. Après avoir été testés positifs aux EST lors d'une première série d'analyses, les moutons avaient été soumis à une deuxième batterie d'examens visant à écarter l'hypothèse de cas d'ESB. Si « certaines données laissent penser qu'il ne s'agit pas d'ESB, il manque des preuves suffisantes pour (en) exclure définitivement l'éventualité », explique la Commission.
De son côté, le ministère français de l'Agriculture a estimé, dans un communiqué publié le 9 mars, que les deux moutons détectés en France présentaient des « caractéristiques différentes » de la maladie de la vache folle. En France, les cheptels de la Nièvre et de la Vienne, d'où proviennent les deux moutons analysés, « sont isolés et restent sous surveillance étroite », précise le ministère français.
Par ailleurs, la Commission annonce une révision des programmes nationaux de surveillance des EST chez les moutons (tests de dépistage) pour mieux évaluer la portée de ces trois cas. Dans l'immédiat, une surveillance accrue et des tests plus sévères seront mis en place afin d'évaluer l'étendue de cette souche de prion (agent de la maladie) dans la population ovine. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) a été invitée à accélérer ses travaux en cours sur l'évaluation des risques que les tissus ovins pourraient présenter si l'ESB était diagnostiquée chez le mouton. En 2005, les programmes nationaux de surveillance avaient été renforcés l'année dernière après la découverte d'un cas positif d'ESB chez une chèvre. Plus d'1,4 million de moutons et de 380 000 chèvres ont été testés dans l'UE depuis avril 2002.