Bruxelles, 10/03/2006 (Agence Europe) - La réalisation des 30 projets prioritaires pour le développement des réseaux transeuropéens de transports (RTE-T), sélectionnés en 2004 par l'UE, semble de plus en plus incertaine. C'est ce qui ressort de la réunion qui a eu lieu le 9 mars entre plusieurs Commissaires européens dont Jacques Barrot pour les transports, Danuta Hübner pour la politique régionale, Dalia Grybauskaité pour le budget et le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Philippe Maystadt, ainsi que deux des six coordonnateurs sélectionnés pour faciliter la mise en œuvre de certains projets prioritaires (voir EUROPE n° 8914): Loyola de Palacio (axe ferroviaire reliant Lyon à Budapest, projet prioritaire n°6) et Etienne Davignon (axe ferroviaire reliant Lisbonne à Tours, projet prioritaire n°3).
La réunion avait pour objectif de réfléchir à des mécanismes de financement innovants pour pallier le manque de ressources pour les RTE-T, après les coupes budgétaires prévues par le Conseil européen en décembre 2005. Rappelons que celui-ci a réduit à environ 7 milliards les fonds alloués aux RTE-T alors que la Commission avait demandé 20 milliards. EUROPE croit savoir que la principale conclusion à laquelle ont abouti les participants est d'éviter de saupoudrer sur les 30 projets sélectionnés le peu d'argent qui sera affecté aux RTE-T et, si les moyens restent aussi limités que prévu, de procéder à une sélection parmi les 30 projets prioritaires en se concentrant sur le projet visant à favoriser l'interopérabilité du rail européen sur les RTE-T (European Rail Traffic Management System, ERTMS) et les sections transfrontalières des projets prioritaires. Une conclusion qui confirme ce que plusieurs autres voix laissent entendre depuis plusieurs semaines (voir l'interview de M. Barrot à Bregenz: EUROPE n° 9144). EUROPE croit aussi savoir que, au cours de la réunion, des pistes ont été évoquées pour trouver des mécanismes de financement innovants comme la mise en place d'un système de garantie communautaire (voir à ce propos EUROPE n° 9146) ou encore la possibilité d'encourager les Etats membres à utiliser les fonds de cohésion et structurels pour les RTE-T.
Les négociations budgétaires ne sont pas encore terminées mais, à moins d'un miracle, il ne devrait pas y avoir de changement substantiel. Le résultat final mettra en exergue le paradoxe suivant: d'un côté, les Etats membres n'ont eu de cesse d'insister sur l'importance des RTE-T pour le développement du marché intérieur de l'UE et de l'autre, ils ont opéré des coupes drastiques dans les fonds censés développer des projets qu'ils ont eux-mêmes sélectionnés en 2004.