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Bulletin Quotidien Europe N° 9149
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/espace

L'Union européenne doit faire de l'Espace sa priorité, estiment Jacques Chirac et l'Agence spatiale européenne

Bruxelles, 10/03/2006 (Agence Europe) - Le Président Chirac a plaidé le 9 mars pour un renforcement de la coopération européenne dans le domaine spatial, une analyse partagée par le chef de cabinet du directeur général de l'Agence spatiale européenne (ASE), Michel Praet. Accompagné de ses ministres de la Défense Michèle Alliot-Marie, et de l'Education et de la Recherche Gilles de Robien, le président français a visité jeudi les installations d'Alcatel Alenia Space, consortium franco-italien né en juillet 2005 de la fusion des activités spatiales d'Alcatel et de Finmeccanica. L'occasion, pour Jacques Chirac, de prononcer un véritable plaidoyer en faveur d'une coopération spatiale européenne accrue. « L'espace doit être au cœur du projet européen » car « la maîtrise de l'espace est un enjeu politique et stratégique » pour l'Europe qui doit faire face, dans ce domaine, à des concurrents confirmés, comme les Etats-Unis et la Russie, et des puissances émergentes dont la Chine et l'Inde. Rappelant que le gouvernement américain investit six fois plus que l'Union européenne dans le domaine spatial, M. Chirac a estimé que l'UE doit « accélérer la cadence » en adoptant « une vision partagée et ambitieuse de l'espace ». En matière de sécurité et de défense, l'UE doit notamment « réfléchir à un partage des moyens et développer les capacités technologiques indispensables à son autonomie stratégique », a estimé M. Chirac, pour qui la France doit « entraîner sans tarder ses partenaires européens dans l'étude des futurs systèmes spatiaux de défense ». Le président a aussi insisté sur l'importance des lanceurs et du programme GMES (le futur système européen de surveillance de l'environnement et de la sécurité: NDLR). Il faut renforcer la coopération dans « les applications pour le grand public » et la recherche scientifique, a-t-il enfin ajouté.

Renforcer la coopération spatiale européenne: une position défendue depuis longtemps par M. Praet. Jeudi, devant le groupe de travail Espace du Sénat belge, Michel Praet a tiré la même conclusion que le président français: si l'Europe veut concurrencer des pays comme l'Inde et la Chine dans le domaine spatial, elle doit développer des technologies de pointe. Or, jusqu'à présent, l'UE ne s'est pas vraiment donné les moyens de mener une politique spatiale ambitieuse. Lors des négociations budgétaires pour la période 2007-2013, le Conseil européen de décembre 2005 a réduit à environ 48 milliards d'euros le budget pour le 7ème programme-cadre de recherche, alors que la Commission avait proposé 72 milliards. Dans ce contexte, les fonds alloués à l'espace devraient être d'environ 185 millions d'euros par an, dont « la grande majorité » devrait être affectée au développement du GMES, a estimé M. Praet. Il faut aussi assurer une meilleure intégration européenne dans le domaine spatial et l'UE doit définir ses besoins en la matière. « L'outil spatial peut répondre à certains besoins » de l'UE notamment en termes de sécurité, grâce au GMES et, surtout, au programme européen de radionavigation par satellite Galileo. Dans ce contexte, l'ESA pourrait travailler en « liaison avec l'équipe de Solana », le Haut représentant de l'UE pour la PESC, l'Agence européenne de défense (AED) ou encore le Centre satellitaire de Torrejon. « Je crois qu'à terme, le spatial devrait remonter au niveau des affaires générales », a estimé M. Praet à propos des travaux du Conseil de l'UE dans ce domaine. Selon lui, il faut aussi que l'UE songe à l'avenir à développer des programmes pour le transport spatial, pour ne pas dépendre du système américain.

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