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Bulletin Quotidien Europe N° 9149
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/affaires etrangeres

Les ministres débattent d'options techniques en vue d'une décision politique sur l'aide future aux Palestiniens - L'UE reste attachée à une solution diplomatique du problème nucléaire iranien, mais M. Solana n'exclut pas certaines sanctions

Salzbourg, 10/03/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont entamé vendredi leur réunion informelle (« Gymnich ») de deux jours à Salzbourg par un débat sur la problématique de l'aide européenne en faveur des Palestiniens dans la perspective d'un futur gouvernement palestinien dominé par le Hamas. Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, et la Commissaire Benita Ferrero-Waldner ont présenté aux ministres un rapport technique qui se limite à décrire, de manière détaillée, les différentes catégories de l'aide communautaire actuelle aux Palestiniens (aide humanitaire, aide socio-économique et de capacity building, aide aux réfugiés, soutien de projets spécifiques, etc.) et, surtout, par quels canaux et selon quelles modalités pratiques cette aide - 250 millions d'euros par an - est concrètement déboursée. L'objectif de cette mise à plat technique est d'aider les ministres à préparer une décision de l'UE sur la suspension, la poursuite ou la réorganisation de l'aide après l'entrée en fonction du futur gouvernement palestinien, expliquent des diplomates. Le rapport de M. Solana et de Mme Ferrero-Waldner ne prend pas encore position sur cette question politique délicate qui se posera de façon concrète seulement après la formation du gouvernement palestinien qui n'est pas attendu avant la fin du mois ou début avril. Le rapport est, en revanche, très clair sur le fait que les principes définis par le Quartette (UE, Etats-Unis, Russie, ONU) devront rester le cadre de référence pour l'UE, à savoir qu'il n'y aura pas d'aide européenne pour un gouvernement palestinien qui ne chercherait pas une solution pacifique au problème israélo-palestinien, qui ne reconnaîtrait pas le droit d'Israël à exister et qui ne respecterait pas les accords conclus, y compris la feuille de route pour le processus de paix. Les ministres devraient d'ailleurs réitérer ces principes à la fin de leur réunion de Salzbourg, indiquent des diplomates. Vendredi matin, parlant à la presse avant le début de la réunion, la Commissaire Ferrero-Waldner a aussi affirmé que « l'argent européen n'ira pas au nouveau gouvernement, à moins qu'il ne recherche la paix par des moyens pacifiques ».

Vendredi après-midi, les ministres se sont penchés sur le programme nucléaire de l'Iran, après le transfert du dossier, cette semaine, au Conseil de sécurité de l'ONU. A son arrivée à Salzbourg, la ministre autrichienne des Affaires étrangères et actuelle présidente du Conseil, Ursula Plassnik, ainsi que la Commissaire Ferrero-Waldner et d'autres ministres ont souligné que l'UE allait continuer à travailler pour trouver une « solution diplomatique ». Alors que Mme Plassnik refusait de se prononcer sur l'opportunité ou non pour le Conseil de sécurité d'imposer des sanctions contre Téhéran, le Haut représentant de l'UE, Javier Solana, n'a pas exclu cette option. « Je n'écarte pas des sanctions, mais cela dépend de quelles sortes de sanctions il s'agit », a-t-il déclaré vendredi dans une interview au quotidien autrichien Der Standard. « Nous ne voulons certainement pas blesser le peuple iranien », ajoute-t-il en précisant qu'une telle décision ne sera pas « facile » à prendre pour le Conseil de sécurité. Les discussions se poursuivaient en fin d'après-midi. Il n'était pas prévu que les ministres adoptent une déclaration sur l'Iran.

La réunion de Salzbourg se poursuivra ce samedi avec les Balkans occidentaux comme principal sujet de débat, et avec une réunion conjointe avec les ministres des Affaires étrangères des cinq pays concernés et de la Turquie (voir EUROPE du N° 9147, p.4). Le projet de déclaration commune sur les Balkans que la Présidence autrichienne souhaiterait faire adopter par le Conseil informel confirme que l'avenir des Balkans occidentaux est en Europe, que tous ces pays ont fait des progrès significatifs sur leur chemin vers l'UE et que les Etats membres soutiennent la stratégie et les mesures concrètes proposées par la Commission européenne dans sa récente communication sur les Balkans.

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