Bruxelles, 24/02/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne vient d'adopter son rapport annuel sur « l'égalité entre les femmes et les hommes - 2006 », qui donne un aperçu des principales évolutions politiques et législatives dans ce domaine en 2005, présente les défis et les orientations stratégiques en cette matière et formule quelques conclusions à l'attention du Sommet européen de printemps. Une annexe statistique sur la situation des femmes et des hommes dans des domaines clés (marché du travail, éducation, présence dans le processus de décision, santé, conciliation entre vie professionnelle et familiale) complète le rapport. La Commission y rappelle qu'elle devrait adopter, au premier trimestre de cette année, une communication sur l'évolution future des politiques en matière d'égalité entre les femmes et les hommes dans l'UE au cours des cinq prochaines années. Il s'agira d'une véritable feuille de route pour l'égalité entre les femmes et les hommes » qui définira les problèmes à résoudre et les actions à mener pour que l'UE parvienne à instaurer l'égalité des sexes par l'intermédiaire de ses politiques intérieures et extérieures. La communication soulignera l'attachement et la contribution spécifique de l'UE au processus.
Le rapport relève notamment que les disparités entre les sexes ont été réduites en matière d'emploi et de chômage suite à l'évolution favorable du taux d'emploi des femmes (55,7% dans l'UE 25 en 2004). Chez les travailleurs âgés, le taux d'emploi des femmes de plus de 55 ans a atteint 31,7% en 2004. Le rapport reconnaît cependant que la ségrégation sur le marché du travail a été renforcée par le fait que la croissance de l'emploi des femmes est restée principalement concentrée dans des activités et des professions essentiellement « féminines ». Ainsi, plus de 4 salariées sur 10 travaillent dans l'administration publique, l'éducation, la santé ou le domaine social, contre moins de 2 hommes sur 10. Autre sujet de préoccupation: la persistance des disparités en matière de travail à temps partiel (32,6% des femmes actives travaillent à temps partiel contre seulement 7,4% des hommes actifs). En outre, les difficultés rencontrées pour concilier vie professionnelle et vie privée - combinées aux stéréotypes existants et à des systèmes de rémunération et d'évaluation placés sous le signe de la discrimination liée au sexe - continuent de nuire à la carrière des femmes et perpétuent la ségrégation verticale du marché du travail. Le rapport indique qu'au sein des entreprises, les femmes ne représentent que 32% des cadres, 10% des membres des conseils d'administration et 3% des directeurs généraux des grandes entreprises de l'UE. Quant à l'ampleur des écarts salariaux entre les femmes et les hommes, elle reste inacceptable et aucun signe notable de réduction n'est observé: en moyenne, les femmes gagnent 15% de moins que les hommes pour chaque heure de travail.
En ce qui concerne les défis et orientations stratégiques pour l'avenir, la Commission demande notamment aux Etats membres de: - exploiter pleinement la contribution de la politique d'égalité des sexes à la stratégie de Lisbonne; - favoriser une conciliation réelle de la vie professionnelle et de la vie privée (gardes d'enfants, développement des services de soins aux personnes âgées et handicapées, etc.) ; - soutenir l'égalité des sexes à l'aide de mécanismes institutionnels efficaces ; - garantir la dimension extérieure de l'égalité des sexes (par exemple en fournissant une assistance technique et financière appropriée aux pays en développement pour soutenir leurs efforts visant à intégrer la question de l'égalité des sexes et de l'émancipation des femmes dans leurs politiques et leurs programmes).
En conclusion, la Commission invite le Conseil européen à exhorter les Etats membres à faire le bilan des progrès réalisés en matière d'égalité et à réaffirmer leur volonté d'intégrer la dimension hommes-femmes dans tous les domaines stratégiques, en collaboration avec les partenaires sociaux et la société civile. En particulier, il faut être attentifs à: - la réduction, par une approche globale, de l'écart entre les femmes et les hommes en matière de taux d'emploi, en particulier chez les travailleurs âgés ; - l'analyse et l'élimination des causes sous-jacentes de l'écart salarial entre les sexes ; - la conception d'une méthode favorisant la conciliation de la vie professionnelle et privée, tant pour les hommes que pour les femmes ; - la pleine utilisation des Fonds structurels pour soutenir l'égalité entre les femmes et les hommes, en garantissant à la fois le financement d'actions spécifiques et l'intégration de la question de l'égalité à tous les stades de la conception, de l'application et de l'évaluation des cadres stratégiques et des programmes opérationnels nationaux.