Bruxelles, 10/02/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté le 10 février une décision imposant à la Grèce de prendre des mesures de protection des exploitations de volailles, après la découverte, la veille, de trois cygnes migrateurs morts du virus H5 sur une côte de Katerini et près de Salonique. Des échantillons ont été envoyés au laboratoire communautaire de référence de Weybridge, au Royaume-Uni, qui devra déterminer si ces oiseaux sauvages ont succombé au virus hautement pathogène de la grippe aviaire, à savoir le virus H5N1, qui sévit actuellement en Asie, en Turquie, en Roumanie et, depuis peu, en Afrique (au Nigéria). Ce virus H5NI a fait de nombreuses victimes en Asie (88) et 4 en Turquie.
En vertu de la décision de la Commission, la Grèce doit mettre en place autour des lieux de découverte du foyer de grippe aviaire une zone de protection d'un rayon minimal de trois kilomètres et une zone de surveillance d'un rayon minimal de dix kilomètres. A l'intérieur de la zone de protection, la Grèce devra prendre des mesures strictes de biosécurité, comme l'enfermement dans des bâtiments des volailles et des autres oiseaux captifs (pour éviter le contact avec des oiseaux sauvages infectés) et la désinfection des entrées et des sorties des bâtiments où les volailles sont confinées. La Grèce interdit, dans la zone de protection: - tout mouvement de volailles et d'autres oiseaux captifs, sauf lorsqu'il s'agit de transports directs de volailles entre une exploitation et un abattoir (en vue d'un abattage immédiat) ; - tous les rassemblements de volailles et autres oiseaux captifs (foires, marchés, expositions) ; - tout envoi d'œufs à couver et de viande de volailles. En outre, les autorités grecques ont interdit la chasse aux oiseaux sauvages. Dans la zone plus large de surveillance, les même mesures de biosécurité s'imposent, mais avec plus de souplesse (pas obligation d'enfermer les volailles). Les mouvements de volailles et d'autres oiseaux captifs sont interdits, de même que la chasse et les foires.
Les mesures prévues doivent être maintenues aussi longtemps que nécessaire en cas de confirmation du virus H5N1, et seront revues lors de la prochaine réunion, les 17 et 18 février, du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale. Le porte parole de Markos Kyprianou, Commissaire responsable de la santé et de la protection des consommateurs, a précisé que les mesures prises par la Commission, qui complètent les mesures nationales prises par les autorités grecques, seraient automatiquement levées au cas où les analyses démontraient qu'il ne s'agit pas du virus hautement pathogène (H5N1) de la grippe aviaire. Il a expliqué aussi que l'UE n'imposera pas de restrictions sur les importations dans l'UE de volailles et de produits dérivés originaires de Grèce tant que le virus n'aura pas contaminé les volailles dans les élevages. Ces mesures sont prises justement pour éviter un tel scénario, a-t-il ajouté en substance.
Par ailleurs, le 9 février, le virus H5 (pas nécessairement hautement pathogène) a été identifié pour la deuxième fois en Bulgarie sur deux cygnes morts qui ont été trouvés dans la région du lac de Chabla (nord-est), près de la frontière bulgaro-roumaine. Le laboratoire communautaire fait des analyses pour déterminer s'il s'agit du virus H5N1. La Roumanie a déjà mis au jour 26 (peut-être 27) foyers de grippe aviaire.
Par ailleurs, le gouvernement nigérian a demandé une aide internationale pour lutter contre l'épizootie de grippe aviaire qui s'est déclarée dans le pays, premier foyer du virus mortel H5N1 en Afrique. Les Etats-Unis ont déjà promis 16 millions d'euros et l'UE a confirmé, le 10 février, qu'elle aidera cet Etat du groupe ACP. En outre, le virus H5N1 a été détecté pour la première fois en Azerbaïdjan sur des oiseaux morts trouvés sur les rives de la mer Caspienne, ont annoncé le 10 février les autorités de Bakou.