Bruxelles, 04/01/2006 (Agence Europe) - Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a confirmé que son pays avait l'intention de reprendre des activités de recherche nucléaire. « Dans une lettre à Mohammed ElBaradei (le directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, AIEA), nous avons annoncé que nous voulons faire de la recherche dans la technologie nucléaire », a dit le président mardi soir à la télévision iranienne, ajoutant que l'Iran « avancera sur le chemin nucléaire avec patience, sagesse et selon un calendrier ». « Nous ne ferons pas un pas en arrière sur notre chemin », a encore précisé M. Ahmadinejad. L'AIEA avait indiqué mardi avoir reçu une « note verbale » de la mission iranienne l'informant que les recherches sur le combustible nucléaire, suspendues depuis plus de deux ans, allaient redémarrer le 9 janvier. Dans un communiqué, l'AIEA a aussitôt demandé à Téhéran le «gel des activités liées à l'enrichissement» de l'uranium. La décision iranienne de reprendre la recherche nucléaire augure plutôt mal du prochain round des pourparlers avec l'UE-3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), prévu le 18 janvier à Vienne, en vue d'une éventuelle reprise des négociations (voir EUROPE n° 9098). Entre-temps, une délégation russe, conduite par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, est attendue à Téhéran le 7 janvier pour discuter du plan proposé par Moscou (et soutenu par l'UE-3) de créer sur le territoire russe une entreprise conjointe russo-iranienne pour l'enrichissement de l'uranium.
Mercredi, le quotidien britannique The Guardian citait un rapport de services de renseignement européens dont il ressort que l'Iran chercherait secrètement à acquérir la technologie et l'expertise nécessaires à la fabrication d'armes nucléaires. Ce rapport, rédigé par une agence non précisée et daté du 1er juillet 2005, rassemblerait des éléments collectés par les services britanniques, français, allemands et belges. D'après ce document, Téhéran aurait développé un réseau en Europe, dans les anciennes républiques soviétiques et en Asie, y compris en Corée du Nord, afin de rassembler les informations et les technologies nécessaires pour doter l'Iran d'arsenaux nucléaires, biologiques et chimiques, affirme le Guardian.