Bruxelles, 04/01/2006 (Agence Europe) - La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, Cites, a décidé le 3 janvier d'interdire toutes les exportations de caviar et autres produits d'esturgeon, en réponse à la grave diminution des stocks de ce poisson. Cette interdiction s'applique aux produits provenant de « stocks communs », c'est-à-dire de zones de pêche partagées entre plusieurs pays, principalement la Mer Caspienne. Outre en Mer Caspienne, la Cites a constaté « un grave déclin » des populations d'esturgeon dans les autres zones de pêche commune, comme celles de la Mer Noire et du cours inférieur du Danube (Roumanie, Bulgarie), ainsi que dans le fleuve Amour entre la Chine et la Russie. L'exportation d'œufs d'esturgeon d'élevage reste autorisée.
La Cites est incapable d'évaluer l'ampleur de la contrebande en provenance des principaux pays exportateurs que sont l'Iran, la Russie et le Kazakhstan, mais le trafic illégal représenterait « plusieurs fois les quantités vendues légalement ». La Cites demande aussi aux importateurs, y compris l'Union européenne, de « veiller à ce que toutes les importations proviennent de sources légales ». Ces pays doivent établir un système d'enregistrement de leurs usines de traitement et d'emballage ainsi que des règles pour l'étiquetage du caviar réemballé. « Beaucoup d'entre eux n'appliquent toujours pas de mesures en ce sens », a regretté l'organe onusien. Les pays producteurs sont par ailleurs invités à « mettre l'accent sur le contrôle du commerce intérieur des esturgeons », le caviar étant « une denrée très prisée localement dans ces pays ».
La contrebande de caviar alimenterait 90% du marché français, premier marché de l'UE, estime le ministère français de l'Ecologie. Au niveau européen, près de 12 tonnes de caviar importées illégalement ont été saisies en six ans (2000-2005) en Suisse et dans les 25 pays de l'UE, selon « Traffic », une organisation non gouvernementale spécialisée.