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Bulletin Quotidien Europe N° 9102
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Kiev et Moscou parviennent à un accord sur le gaz - Malgré l'impact limité du conflit gazier pour l'Union, la Présidence autrichienne et la Commission insistent sur la nécessité d'une approche énergétique commune

Bruxelles, 04/01/2005 (Agence Europe) - Moscou et Kiev sont finalement parvenus, dans la nuit de mardi à mercredi, à un accord sur le prix du gaz, après plusieurs semaines de discussions pour résoudre le différend qui oppose l'Ukraine au géant gazier russe Gazprom (qui voulait plus que quadrupler le prix du gaz russe qui lui était destiné pour l'établir au prix pratiqué sur le marché mondial) et après le lancement, dimanche dernier par Gazprom, d'une opération de baisse de pression dans le système des gazoducs de l'Ukraine pour ne laisser passer que les flux destinés au seul transit vers l'Union (qui, cependant, a été momentanément affecté). L'Ukraine s'est finalement alignée aux conditions tarifaires imposées par la Russie: Naftogaz (le gazier ukrainien) et Gazprom ont conclu un contrat de 5 ans fixant le prix du gaz à 230 dollars les 1 000 m3, contre 50 dollars que Kiev payait jusqu'à présent. Si Gazprom obtient le prix du marché qu'il réclamait, l'Ukraine recevra désormais du gaz à 95 dollars les 1 000 m3, la différence étant absorbée par la société mixte russo-ukrainienne RosOukrEnergo. Gazprom vendra en effet au prix de 230 dollars son gaz à RosOukrEnergo, qui le mélangera ensuite à du gaz meilleur marché en provenance du Turkménistan, du Kazakhstan et d'Ouzbékistan. Ainsi, le gaz russe à destination des consommateurs ukrainiens parviendra à la frontière russo-ukrainienne à un prix de 95 dollars les 1 000 m3. L'accord prévoit en outre une augmentation du prix du transit du gaz russe à travers l'Ukraine: il était jusqu'à présent de 1,09 dollar pour 1 000 m3 sur 100 kilomètres, la Russie devra désormais payer 1,60 dollar.

Silencieuse au début du contentieux, puis préoccupée par la mise à exécution des menaces de Gazprom d'interrompre ses livraisons de gaz, l'Union européenne, qui dépend pour un quart du gaz russe (et dont plusieurs Etats membres ont vu leur livraison chuter entre dimanche et lundi derniers ; l'approvisionnement a notamment baissé de 40% en Hongrie et de plus de 30% en Autriche, Slovaquie et Pologne: voir EUROPE n° 9101), s'est aussitôt félicitée de l'accord russo-ukrainien. Au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion exceptionnelle, à Bruxelles, du Groupe de coordination sur l'approvisionnement en gaz composé d'experts des ministères de l'Energie des Etats membres et de représentants de l'industrie énergétique, le ministre autrichien de l'Economie et président en exercice du Conseil, Martin Bartenstein, a salué le 4 janvier « la réaction positive et prompte aux appels lancés par l'Union à Moscou et Kiev à régler rapidement leur différend pour garantir le maintien de son approvisionnement en gaz ». M. Bartenstein a en outre rappelé « l'importance pour l'Union du maintien du rôle de la Russie et de l'Ukraine en tant que fournisseurs sûrs et à long terme de gaz à l'Europe », avant d'assurer que « l'interruption à très court terme des livraisons de gaz russe a beaucoup préoccupé l'Union ». « Dans ce différend (…), il est bon pour nous et pour la Russie et l'Ukraine que la hache de guerre ait été enterrée. Même si le différend tarifaire n'est pas complètement terminé, c'est une bonne base pour l'avenir. Et c'est une véritable leçon qui nous a été donnée », a poursuivi le ministre. « Il était vital d'arriver à une solution rapide. Les compagnies concernées par le conflit ont prouvé leur détermination à être des entreprises responsables et à garantir la sécurité de l'approvisionnement », a commenté pour sa part le Commissaire à l'Energie, Andris Piebalgs. Le Commissaire a par ailleurs expliqué que la réunion écourtée du Groupe de coordination sur le gaz avait permis aux Etats membres de faire le point dans la plus grande transparence sur les problèmes rencontrés ces derniers jours.

L'UE est toutefois soucieuse de tirer les leçons d'une crise qui a mis en avant les lacunes de sa politique énergétique. « Le problème n'est pas complètement derrière nous. Nous devons très sérieusement discuter de ce qui s'est passé ces derniers jours, lorsque nombre de pays européens ont subi une réduction de leur approvisionnement en gaz, pour la première fois en 40 ans », a averti M. Bartenstein avant d'ajouter que des « conclusions importantes » devaient en être tirées, notamment dans la perspective du Sommet européen de printemps, où la politique énergétique figurera en haut de l'agenda. Soulignant l'efficacité de la coopération Commission/Conseil lors du « litige russo-ukrainien, purement commercial mais aux conséquences politiques importantes » et du dialogue énergétique avec les pays tiers, M. Piebalgs a insisté pour sa part sur « la nécessité d'une plus grande coopération européenne sur la question de l'approvisionnement énergétique qui est actuellement et surtout traitée au niveau national ». Le Commissaire a par ailleurs insisté sur la nécessité de limiter la consommation énergétique pour réduire la dépendance communautaire, mais aussi de promouvoir les énergies renouvelables, domaine dans lequel « l'Union est bien loin de son objectif ». « Nous avons eu une décennie de libéralisation, d'amélioration de la compétitivité, et maintenant nous devons nous concentrer davantage sur la sécurité de l'approvisionnement et sur le type de diversification des sources énergétiques que nous voulons », a renchéri M. Bartenstein. « La sécurité de l'approvisionnement en gaz ou en pétrole sera certainement une question importante dans les mois à venir », a-t-il ajouté, avant de conclure toutefois que, la Russie ayant fait preuve d'une grande fiabilité depuis 40 ans, « le gaz russe restera un des piliers de l'approvisionnement européen en gaz ».

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