Bruxelles, 29/12/2005 (Agence Europe) - La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) indiquent dans un communiqué qu'elles ont déposé le 21 décembre une plainte auprès du Procureur du Tribunal de Grande Instance de Bobigny « pour détentions arbitraires, séquestrations, tortures et violations de la troisième Convention de Genève sur le sort des prisonniers de guerre », car « il apparaît que l'Agence américaine de renseignements (CIA) a, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, utilisé des avions clandestins dans le but d'acheminer illégalement des détenus dans des centres secrets de détention et/ou d'utiliser ces mêmes avions comme centres d'interrogatoires poussés ». La FIDH et la LDH notent que des avions se seraient posés sur des aéroports français (Brest-Guipavas et Paris-Le Bourget) « dans des circonstances suspectes, sans que les destinations n'aient été clairement explicitées », et appellent les autorités concernées « à coopérer, dans le cadre des enquêtes en cours, au sein des institutions européennes ». Selon elles, la commission spéciale d'enquête que mettra en place le Parlement européen (EUROPE n°9093) « doit en effet pouvoir compter sur la totale coopération des Etats membres de l'UE », et « les Etats membres du Conseil de l'Europe doivent coopérer dans le cadre des enquêtes diligentées par le Secrétaire général, le Commissaire aux droits de l'Homme et l'Assemblée parlementaire» (EUROPE
N° 9089). Même si l'affaire des vols de la CIA continue de susciter des débats à travers l'Europe, les pays de l'UE semblent partagés sur la voie à suivre. Tony Blair a déclaré mercredi qu'il n'y avait pas lieu d'ouvrir une enquête ; selon lui, il n'y a pas de « preuves » que « quoi que ce soit d'illégal ait eu lieu ».