Bruxelles, 16/12/2005 (Agence Europe) - « Les agences de l'Union européenne Europol et Eurojust ont coordonné l'opération lors de réunions menées depuis plus d'un an », a expliqué Denis Pajaud, chef de l'Office Central de Répression de l'Immigration irrégulière et de l'Emploi des Etrangers Sans Titre (OCRIEST), à propos de l'opération menée par cinq pays les 13 et 14 décembre pour démanteler un réseau d'immigration clandestine. Il s'agit de la plus vaste opération de police jamais organisée en commun, avec le soutien d'Europol et d'Eurojust, contre l'immigration illégale en Europe, et elle a permis d'arrêter mardi les 53 dirigeants ou animateurs d'un réseau tissé entre Irak, Iran, Afghanistan et Royaume-Uni et nord de l'Europe. La France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Grèce et la Turquie ont agi pour la première fois de manière simultanée pour démanteler cette filière qui acheminait depuis des années des milliers de clandestins notamment vers Calais, où des passeurs assuraient le transit vers l'Angleterre. L'opération, qui avait pour nom de code « Pachtou », a mobilisé environ 400 policiers. Sur les 53 interpellations, 22 ont été réalisées en France, 18 en Italie, sept en Grande-Bretagne, trois en Turquie et trois en Grèce. Les suspects sont visés par des mandats d'arrêt européens et pourraient donc être livrés dans un délai de vingt et un jours à la justice française, un délai exceptionnellement court. « Il s'agit de la plus grande opération simultanée jamais réalisée au niveau international. Le fait que cinq pays opèrent au même moment, à la même heure, constitue une première au niveau européen », a déclaré le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, lors d'une conférence de presse commune, jeudi, avec des policiers anglais et italiens.