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Bulletin Quotidien Europe N° 9091
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/conference de hong-kong

Européens et américains mis en difficulté par une « plate-forme » de pays en développement

Hong-Kong, 16/12/2005 (Agence Europe) - Sous l'impulsion du Brésil et malgré leurs divergences internes, les pays en développement membres de l'OMC ont formé vendredi une « plate-forme » G20-G33-G90 autour de la question agricole visant à obtenir, de la part des pays développés, « l'élimination de toutes les formes de distorsions qui entravent la croissance des exportations des pays en développement et des dispositions offrant un espace politique adéquat pour garantir la durabilité de leur développement économique ». Cette nouvelle initiative a curieusement coïncidé avec un enlisement des négociations à Hong-Kong sur le dossier agricole, en particulier sur la question d'une date pour la fin des subventions à l'exportation. Européens, Américains et Australiens s'accusent mutuellement depuis mardi sur cette question, l'Union étant toujours réticente à accepter la date de 2010 tant qu'un strict parallélisme n'aura pas été établi entre ses subventions à l'exportation, les crédits à l'exportation et l'aide alimentaire américains et les fermes commerciales d'Etat australiennes, canadiennes et néo-zélandaises. Dans une déclaration conjointe, la « plate-forme » appelle les pays développés « à s'accorder sur l'élimination totale de toutes les formes de subventions à l'exportation d'ici 2010 tout en prenant sérieusement en compte les besoins spécifiques des PMA et des pays en développement importateurs agricoles net ». La déclaration souligne la nécessité d'une réduction substantielle des soutiens internes qui faussent le plus les échanges et d'une amélioration substantielle de l'accès aux marchés des pays développés pour les exportations de produits pour lesquels les pays en développement ont un intérêt important. La « plate-forme » G20-G33-G90 souligne aussi « l'importance du traitement spécial et différencié dans les trois piliers des négociations agricoles ». Dans ce contexte, elle relève le rôle des « produits spéciaux » et des « mécanismes spéciaux de sauvegarde » comme des moyens de répondre, dans le cadre du pilier « accès au marché », aux préoccupations des pays en développement en matière de sécurité alimentaire, de développement rural et de niveau de vie. Enfin, elle exige un « résultat concret à Hong-Kong » sur les questions de l'accès au marché sans droits ni quotas pour les PMA et du coton (voir autre nouvelle). Lors d'une conférence de presse conjointe, le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, a toutefois nié la constitution d'une « alliance » visant à ouvrir un conflit Sud-Nord alors que les négociations sur l'ensemble des volets du Doha Round semblaient paralysées vendredi.

Plus tôt dans l'après midi, et après une nuit de discussions infructueuses en Greenroom, le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson, avait déploré un recul des négociations de Hong-Kong plutôt qu'un progrès. Il a notamment estimé qu'il serait « difficile de parvenir à un accord en l'état actuel des négociations » dont « la tournure » était, à ses yeux, « inquiétante ». M. Mandelson a de nouveau accusé les partenaires de l'Union à l'OMC de focaliser sur le dossier agricole, de n'offrir aucune proposition crédible sur l'ensemble des dossiers et de compromettre la possibilité d'un accord à Hong-Kong. S'il a souligné de nettes divergences avec les Etats-Unis sur l'ensemble du dossier agricole, M. Mandelson a assuré qu'Américains et Européens partagent une position commune sur les volets des biens non agricoles (NAMA) et des services.

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