Bruxelles, 17/11/2005 (Agence Europe) - L'UE et le Maroc tiendront le 22 novembre, à Bruxelles, leur Conseil d'association dans un contexte dominé à la fois par la perspective du Sommet EuroMed de Barcelone et par la question de l'immigration. La session permettra de faire le point sur tous les aspects de la coopération engagée au titre de l'accord d'association et du plan d'action conçu dans le cadre de la politique de voisinage. Une rencontre informelle au petit-déjeuner permettra aux ministres européens et marocain d'avoir des échanges de vues politiques sur tous les principaux thèmes de l'actualité internationale et dans la région (Méditerranée, Moyen-Orient, Sahara, etc.).
La discussion sera centrée sur les résultats des travaux menés au sein des différents sous-comités créés pour traiter des thèmes prioritaires de la coopération UE/Maroc et des groupes de travail constitués sur des thèmes sensibles, notamment celui des droits de l'homme. Un accord sur les termes de référence de ce comité (sa mission et son champ de compétences) existerait déjà « sur le papier », selon une source communautaire, et une décision finale est attendue pour cette session du Conseil d'association. Pour le reste, la relation euromarocaine ne semble pas receler de problèmes particuliers et la Commission européenne la perçoit avec satisfaction. La coopération avec Rabat témoigne qu'un bon fonctionnement de la politique d'association et de la politique de voisinage peut aller de pair, et le Maroc apporterait même une « plus-value » qui le qualifie pour un « statut avancé » dans ses relations avec l'UE, ajoute la même source communautaire. A ce titre, le Maroc devrait pouvoir se présenter en « bon élève » du dialogue euroméditerranéen, fin novembre à Barcelone. La Commission européenne espère aussi des résultats positifs dans le domaine de l'immigration. « L'existence d'un plan d'action a heureusement permis d'envisager immédiatement des actions communes », mais la balle serait plutôt dans le camp des Etats membres de l'UE, appelés à s'engager dans une politique commune de l'immigration, note la même source, pour qui « ces politiques bilatérales ont atteint leurs limites et ne permettent pas de répondre pleinement à l'ampleur du problème posé aux pays maghrébins, qui ne doivent plus être perçus uniquement comme des pays pourvoyeurs, mais qui sont aussi des pays de transit ». Une mutation qui inciterait à prendre à bras le corps, par une politique communautaire, la situation couvrant aussi l'ensemble des régions voisines du Maghreb, en Afrique subsaharienne.
Parmi les autres principaux sujets, l'agriculture. Le Maroc, on le sait, souhaite aller de l'avant et a demandé à avancer d'une année (2006 au lieu de 2007) ses rendez-vous avec la Commission européenne et est déjà prêt à négocier le libre-échange conformément au vœu exprimé par l'UE (EUROPE n° 9069). La question cruciale est celle des moyens financiers, et le Maroc est inquiet des piétinements du débat budgétaire au sein de l'Union dont les pays de la zone de « voisinage » pourraient faire les frais.