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Bulletin Quotidien Europe N° 9070
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/hampton court

Les perspectives financières ont dominé le débat

Strasbourg, 17/11/2005 (Agence Europe) - Les perspectives financières 2007-2013 ont dominé mercredi après-midi à Strasbourg le débat du Parlement sur le Sommet informel du 27 octobre à Hampton Court (EUROPE n° 9069). Au cours du débat, Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, a noté qu'à l'éloignement des citoyens vis-à-vis de l'Europe correspond le même phénomène vis-à-vis des gouvernements nationaux, et qu'il faut non seulement retrouver la confiance des citoyens, mais aussi la confiance des Etats membres entre eux. Le résultat de Hampton Court est décevant, mais la Présidence britannique a eu raison de poser certaines questions, constate pour le groupe socialiste le Luxembourgeois Robert Goebbels, notamment en ce qui concerne l'évolution démographique de l'Europe (qui, dans ce domaine, pourrait apprendre quelque chose des Etats-Unis en adoptant une politique d'immigration plus généreuse), et la mondialisation (le député exhorte notamment à ne pas avoir trop peur de la Chine). Pour le groupe ALDE, la Danoise Karin Riis-Joergensen affirme que l'Europe peut faire très peu pour la modernisation du marché du travail, car ce sont les Etats membres qui doivent s'y atteler: mais elle peut, et doit, assurer la libéralisation du marché des services et des capitaux. Oui, il peut y avoir des différences d'un pays à l'autre en ce qui concerne le temps du travail, accepte le vert belge Pierre Jonckheer, en ajoutant: s'il fallait choisir un modèle, c'est le modèle suédois que je préférerais. Selon lui, le débat budgétaire ne devrait pas être une confrontation d'égoïsmes nationaux, et devrait aboutir, à terme, à de véritables ressources européennes. Une bonne idée, de mauvais résultats: ce jugement lapidaire du Chypriote Kyriakos Triantaphyllides, au nom de la GUE/NGL, est encore renforcé par le Britannique Michael Nattrass qui, pour le groupe Indépendance et démocratie, suggère ironiquement l'inscription, à Hampton Court, d'une plaque indiquant: « à cet endroit, le 27 octobre 2005, il ne s'est rien passé ». Pour le groupe UEN, l'Italienne Roberta Angelilli précise: à Hampton Court, on n'a vu « aucune stratégie, aucune relance, aucune intention de réduire l'inique » chèque britannique. Le non inscrit britannique James Allister craint au contraire un scénario dans lequel son pays ferait trop de concessions sur ce point.

A quelques exceptions près (l'Italien Armando Dionisi, PPE/DE, qui se félicite de la « sérénité retrouvée » parmi les 25, le travailliste britannique Gary Titley, positif sur les documents présentés à Hampton Court, mais qui demande un suivi sérieux), les parlementaires ont exprimé leur déception pour les résultats du sommet informel. « Informel », cela veut dire en français «mal formé, disgracieux», ou, selon Montaigne, « quelque chose qu'on a du mal à définir », commente le socialiste français Bernard Poignant, en estimant que le prochain sommet doit retrouver un « horizon d'échange avec les citoyens » et la cohésion à 25. Plutôt qu'informel, ce sommet a été « inconsistant », selon Lapo Pistelli (ALDE, italien), qui dénonce les limites des présidences semestrielles, qui voient une accumulation constante de problèmes à résoudre: « on ajoute des ingrédients au gâteau, mais le gâteau ne sort pas du four ». Quant au discours de Jack Straw, Winston Churchill aurait dit que c'est un « dessert sans thème », ironise le conservateur britannique Timothy Kirkhope, qui demande à la présidence d'assurer davantage de transparence dans la prise de décision (au moins sur ce point, je peux vous rassurer, a répliqué Jack Straw, en annonçant que la présidence ferait « circuler » prochainement un « option paper » sur cette question). L'Autrichien Othmar Karas (PPE/DE) a mis en question les propos de Jack Straw sur l'importance capitale de l'ouverture des négociations avec la Turquie et la Croatie: s'agit-il vraiment d'une des priorités qui comptent pour les citoyens ? se demande-t-il. Et le Hongrois Csaba Tabajdi (groupe socialiste) note: le Premier ministre hongrois a proposé, au lieu de nouvelles politiques communes, l'adoption (par exemple dans le domaine de l'énergie) de « politiques coordonnées », pourquoi ne pas accepter cette idée ?

Soyons honnêtes, a affirmé Jack Straw en répliquant aux députés au sujet du budget: le débat « sera forcément dominé, sinon par les égoïsmes nationaux, par les perspectives nationales ». D' autres pays, à part le Royaume-Uni, sont aussi, « historiquement, des contributeurs nets au budget », a-t-il reconnu, et des pays prospères tels que Belgique et Luxembourg sont bénéficiaires. A l'issue du débat, le ministre britannique aux affaires européennes Douglas Alexander a précisé sur le même sujet: « ce qui compte, ce n'est pas la motivation de la seule présidence ou d'un seul pays, mais la motivation de tous ».

De son côté, le président de la Commission José Manuel Barroso a réitéré son espoir en une décision sur les perspectives financières: « l'Union doit avoir les moyens pour les politiques d'avenir, elle doit investir dans l'élargissement » même si « je n aime pas parler de coût de l'élargissement », a-t-il affirmé. Un accord sera la preuve que l'« Europe bouge ». En défendant le bilan du sommet de Hampton Court, M. Barroso a plaidé pour une nouvelle dimension européenne, pour des règles « meilleures, plus flexibles », en ajoutant: « ceci ne veut pas dire une Europe minimaliste, car, dans certains domaines, l'Union doit faire plus, pas moins ».

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