Bruxelles, 17/11/2005 (Agence Europe) - L'UE et l'Afghanistan ont signé mercredi à Strasbourg une déclaration commune qui a l'ambition de jeter les bases d'un « nouveau partenariat » en définissant les « défis partagés » et les domaines et secteurs dans lesquels les deux parties veulent coopérer davantage pour faire de l'Afghanistan un « pays sûr, stable, libre, prospère et démocratique ». « Les deux parties souhaitent que l'Afghanistan joue un rôle entier et actif dans la communauté internationale », et sont déterminées à travailler en faveur d'un avenir « sans menaces terroristes, extrémisme et crime organisé », affirme le préambule du texte signé par le Président afghan Hamid Karzaï et par Jack Straw, Javier Solana et Benita Ferrero-Waldner du côté européen. L'UE et ses Etats membres jouent déjà un rôle prépondérant dans la reconstruction du pays: une aide de 1,3 milliard d'euros a été engagée pour 2002-2006, sans compter les importantes contributions militaires et civiles de plusieurs pays membres de l'UE à l'ISAF (Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan, sous l'égide de l'OTAN) ou à l'opération Enduring Freedom (sous l'égide des Etats-Unis). Une nouvelle conférence internationale sur l'Afghanistan doit se tenir début 2006 à Londres, et l'UE est prête à augmenter son assistance à Kaboul au-delà du processus lancé par l'Accord de Bonn de décembre 2001, « partout où c'est possible », dit le document.
Concrètement, le nouveau partenariat UE/Afghanistan sera ciblé sur les domaines suivants: - gouvernance politique et économique. L'objectif est de consolider et d'étendre les résultats politiques positifs issus de l'Accord de Bonn. A cette fin, l'UE aidera le pays à mettre en place des institutions politiques et civiles - à la fois au niveau national et provincial - fortes, stables, responsables, respectueuses de l'Etat de droit et exemptes de corruption. L'UE aidera aussi l'Afghanistan à développer un système juridique et réglementaire « crédible, prévisible et transparent » et à mettre sur pied une « Stratégie Nationale de Développement » pour guider le développement économique du pays et améliorer la coopération économique avec l'UE ; - sécurité et justice. Les pays membres « poursuivront leur rôle substantiel dans la fourniture de ressources militaires et civiles » à l'ISAF et à l'opération Enduring Freedom, pour améliorer la sécurité et la stabilité dans le pays, « jusqu'au moment où les forces armées et de sécurité afghanes seront suffisamment (…) opérationnelles ». L'UE augmentera aussi son aide à la réforme du secteur judiciaire, qui doit être accélérée ; - lutte anti-drogues. Il faut combattre et éliminer la « menace significative » que sont la production et le commerce de drogues. L'UE est prête à soutenir les autorités afghanes dans la mise en œuvre de leur stratégie nationale ; - développement. Les deux parties veulent continuer à coopérer pour réduire la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire. Le rôle déterminant incombe au gouvernement afghan, mais l'UE essayera d'améliorer la coordination de l'aide internationale ; - droits de l'Homme, société civile, retour des réfugiés. Kaboul réitère son « engagement à sauvegarder les libertés garanties par la Constitution, développer une société pluraliste et démocratique et respecter les droits de l'Homme », et promouvoir les droits des femmes. L'UE travaillera étroitement avec le gouvernement afghan et ceux des pays voisins pour faciliter le retour volontaire et l'intégration des réfugiés, dans de « bonnes conditions » ; - éducation et culture ; - dialogue politique régulier, avec des réunions ministérielles annuelles.