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Bulletin Quotidien Europe N° 9054
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sante

Les ministres de la Santé reconnaissent la nécessité d'une réponse concertée en cas de pandémie de grippe humaine - Un plan d'action global pourrait être examiné lors de leur réunion formelle du 9 décembre

Bruxelles, 21/10/2005 (Agence Europe) - Réunis de manière informelle au nord-ouest de Londres, les ministres de la Santé de l'Union européenne ont évoqué jeudi soir l'état de préparation de l'Europe face à la grippe aviaire et au risque d'apparition d'une pandémie de grippe humaine. La Bulgarie, la Roumanie, la Croatie et la Turquie ainsi que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) étaient aussi représentées lors de cette réunion présidée par la ministre britannique de la Santé, Patricia Hewitt. Aucune décision n'a été prise lors de cette réunion qui a cependant permis aux ministres de faire le point en attendant la réunion formelle du Conseil Santé qui aura lieu le 9 décembre à Bruxelles. Dans l'intervalle, le travail de préparation doit se poursuivre dans les Etats membres, à l'échelle communautaire et au niveau international, en coopération avec l'OMS.

Les ministres ont souligné l'importance que revêt une communication « claire et objective » avec le public en vue de réduire la confusion qui a, par exemple, provoqué une chute de la consommation de volailles dans certains Etats membres au cours des derniers jours. « Les ministres de la Santé de l'UE ont pris note des avis de l'OMS et du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies selon lesquels les cas actuels de grippe aviaire n'entraînent qu'un très faible risque pour la population en Europe (…) Ils ont pris note de l'avis selon lequel la volaille et les produits à base de volaille sont propres à la consommation s'ils sont cuits convenablement », peut-on lire dans une déclaration diffusée par la Présidence britannique. Les ministres ont estimé qu'il demeure très important de poursuivre une évaluation permanente de l'état de préparation face à l'apparition d'une pandémie. S'ils reconnaissent la nécessité d'une coordination des efforts, ils ont aussi souligné que « cela ne signifie pas que les Etats membres doivent prendre des mesures identiques dans toute l'Union européenne ». Plusieurs ministres ont suggéré des mesures qui pourraient être prises au niveau de l'Union, comme celle de la constitution d'un stock stratégique de médicaments antiviraux, en particulier pour aider des pays tiers même si ce stock pourrait intervenir de manière complémentaire par rapport aux stocks nationaux. Cette idée a notamment été évoquée par les ministres belge et français, autrichien, italien, lituanien et chypriote. Le ministre français a proposé un mécanisme de rapatriement rapide des citoyens européens et des mesures de contrôle sanitaire renforcées dans les aéroports et aux frontières. La Présidence britannique a constitué un groupe de travail intersectoriel qui doit surveiller l'évolution de la situation et pourra proposer des mesures. Toutes ces idées pourraient être reprises dans un « plan d'action global » qui sera présenté aux ministres de la Santé lors de leur réunion du 9 décembre, en même temps que les résultats de l'exercice de simulation « Common Ground » qui doit avoir lieu en novembre (voir EUROPE
N° 9052) et une nouvelle évaluation des plans nationaux de préparation.

« L'apparition de la grippe chez les oiseaux en Europe n'augmente pas le risque de pandémie », a dit en conférence de presse le Commissaire Markos Kyprianou avant d'ajouter: « La pandémie est quelque chose contre quoi nous devons être préparés, ce n'est pas quelque chose à quoi nous devons faire face en ce moment ». « Nous ne pouvons pas exclure que nous ayons aussi d'autres foyers » de grippe aviaire en Europe, a dit Markos Kyprianou en appelant à ne pas « paniquer chaque fois qu'on trouve un oiseau mort ». S'agissant de l'état de préparation des Etats membres, le Commissaire a salué « d'énormes progrès dans les derniers mois » même si le niveau de préparation demeure variable et s'il « subsiste toujours des possibilités d'améliorations ». « Nous allons continuer d'y travailler », a-t-il ajouté.

Le virus de la grippe aviaire H5N1 a fait jeudi sa 67ème victime, un Thaïlandais de 48 ans. Comme les autres victimes, cette personne a été infectée au contact des animaux. Avec une exception notable (EUROPE n° 9052) ce virus reste généralement sensible aux médicaments antiviraux. Un certain nombre de laboratoires sont en train de développer des vaccins prépandémiques qui correspondent au virus H5N1. L'objectif est de disposer le moment venu d'un prototype afin de garantir la production du vaccin dans un délai court n'excédant pas six mois à compter de l'identification du virus de la pandémie. Ce travail a surtout été réalisé en partant de l'hypothèse que la souche proviendrait d'une mutation ou d'une recombinaison du virus H5N1. Les premiers essais réalisés chez l'homme en ce qui concerne deux prototypes - dans un cas il s'agit du laboratoire français Sanofi et dans l'autre d'un laboratoire hongrois - ont confirmé l'apparition d'anticorps anti-H5N1. La Hongrie a d'ores et déjà évoqué la possibilité d'en produire 500 000 doses par semaine pour un coût unitaire de 5 à 6 dollars, indique Reuters. Si l'on peut considérer ce prototype plutôt comme un candidat vaccin contre la grippe aviaire, certains virologues estiment qu'il pourrait être susceptible d'atténuer l'infection en cas de pandémie. Lors de la réunion informelle, le Commissaire Kyprianou a rappelé que la Commission soutient le travail de quatre laboratoires pour le développement de ces prototypes (le coût d'un prototype est de onze millions d'euros). Il a invité les Etats membres à contribuer dans des partenariats public-privé à ce travail qui permettra d'accélérer la production du vaccin contre la pandémie et son autorisation de mise sur le marché.

Jeudi soir, plusieurs ministres - italien, belge et autrichien, notamment - ont aussi évoqué l'accès aux médicaments antiviraux en particulier dans les pays pauvres et la faculté de recourir à des licences obligatoires pour garantir cet accès. Sous la pression, le laboratoire suisse Roche, détenteur des droits sur l'antiviral Tamiflu (oseltamivir), a annoncé jeudi qu'il allait négocier avec des producteurs de génériques afin d'accroître la disponibilité de ce produit. Dans le même temps, il compte réduire ses livraisons en Allemagne pour éviter les reventes sur Internet. Une boite de Tamiflu, qui coûte 36 euros en moyenne, est revendue plusieurs fois son prix et atteint actuellement jusqu'à 150 euros sur des sites Internet de ventes aux enchères, a indiqué un porte-parole de Roche, cité par l'AFP.

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