login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9026
Sommaire Publication complète Par article 25 / 33
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/tourisme

Les députés veulent une politique du tourisme équitable qui profite au développement des pays pauvres - Pour un label de « tourisme équitable »

Strasbourg, 13/09/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté jeudi dernier, à large majorité, comme nous l'avons indiqué (EUROPE n° 9025), le rapport d'initiative de Thierry Cornillet (ALDE, français) sur le tourisme et le développement. Les députés soulignant que le tourisme dans les pays en développement (PVD) est non seulement une bonne chose pour leur économie, mais aussi pour la démocratie, l'environnement, la santé et l'éducation, à condition que ses bénéfices soient redistribués aux populations locales. Les entrepreneurs locaux doivent, dans cette optique, jouer un rôle prépondérant dans le développement touristique de leur région, insiste le rapport. Pour prouver aux consommateurs européens que leurs visites contribuent effectivement au développement des régions concernées et pour veiller aux respect des normes éthiques, les députés demandent aux Etats membres et à la Commission européenne d'introduire un « label européen certifié de tourisme équitable ». Considérant que le tourisme peut jouer en outre un rôle en faveur de la démocratisation d'une région et contribuer à combattre le totalitarisme, les députés condamnent les récentes mesures prises par les autorités cubaines visant à empêcher tout contact personnel entre les touristes et les citoyens cubains travaillant dans le secteur du tourisme. Quant à l'environnement, les députés estiment que le tourisme ne doit pas être vu comme son « ennemi » mais, au contraire, son « allié » car la préservation du milieu environnemental et du patrimoine est une condition de sa rentabilité. Ils plaident ainsi pour un soutien technique communautaire aux pays qui, subissant une activité touristique de masse, se voient contraints de prendre des mesures de préservation de leurs sites touristiques, et pour un échange de bonnes pratiques dans ce domaine. Ils exigent en outre que tous les investissements européens dans le domaine du tourisme réalisés dans les PVD soient soumis aux mêmes règles que celles applicables au financement communautaire d'investissements au sein de l'UE et demandent ainsi de veiller à rejeter les investissements qui contribuent manifestement à affaiblir les droits de l'homme, l'environnement, les conditions minimales de travail, le mode de vie des populations indigènes, et le patrimoine culturel et historique. Soucieux de garantir un développement équitable et durable, les députés mettent les gouvernements et la Commission en garde contre certains effets pervers du tourisme et leur demandent d'y remédier. Il insiste ainsi auprès de la Commission, du Conseil et des Etats membres, afin qu'ils prennent des mesures urgentes et concrètes pour lutter contre le tourisme pédophile, qu'ils veillent à ce que cette question soit abordée dans le cadre du dialogue politique avec les pays tiers, et qu'ils garantissent aux enfants victimes des programmes de soins et de réhabilitation, dans le cadre de l'aide de l'UE au développement. Ils demandent par ailleurs à la Commission de mettre en œuvre des actions concrètes de lutte contre le « dumping immobilier » lié au tourisme. Enfin, de manière plus générale, ils invitent les gouvernements et les opérateurs touristiques européens à faire respecter les droits de l'homme et les droits des travailleurs.

Dans son intervention en plénière, le Commissaire Louis Michel, chargé du développement et de l'aide humanitaire, a dit partager les préoccupations du Parlement notamment en ce qui concerne la nécessité de former un personnel spécialisé local (« la Commission a toujours privilégié cela », a-t-il fait remarquer). M.Michel a assuré que la Commission mettrait tout en œuvre pour lutter contre le fléau que constitue le tourisme sexuel. Quant aux investissements réalisés dans le secteur touristique des PVD, M. Michel a souligné que la Commission a la possibilité de réaliser des études afin d'évaluer les aspects positifs et négatifs de ces investissements, et a promis de s'occuper de la question. M. Michel a cependant rejeté la proposition de créer au sein de la Commission européenne une Direction générale chargée exclusivement du tourisme.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES