Strasbourg, 13/09/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté la semaine dernière, par 471 voix pour, 54 contre et 58 abstentions, le rapport d'initiative de Luis Queiró (PPE-DE, Portugal) sur les nouveaux défis pour le tourisme européen, en souhaitant une meilleure coordination de l'action communautaire et en suggérant des initiatives pour développer un « tourisme durable ». Le tourisme est un secteur économique à l'énorme potentiel pour la croissance et la création de nouveaux emplois, et l'élaboration d'une politique européenne cohérente est indispensable pour tirer le maximum de ce potentiel et résister à la concurrence des destinations étrangères, soulignent les députés. Margie Sudre (PPE-DE, France), présidente de l'Intergroupe tourisme du PE, a insisté sur trois points essentiels du rapport Queiró: 1) le Conseil et la Commission européens doivent relancer la proposition sur les taux réduits de taxe sur la valeur ajoutée afin que tous les Etats membres puissent appliquer le taux réduit de TVA pour les restaurants, comme c'est déjà le cas pour d'autres activités liées au tourisme ; 2) pour remédier aux effets néfastes du tourisme de masse, il faut favoriser le développement de nouvelles formes de tourisme durable et aider ceux qui ont des difficultés à voyager (handicapés, personnes âgées, etc.) ; 3) il faut mettre en place d'une politique transversale rendant plus accessible les régions ultrapériphériques et insulaires, grâce notamment à des infrastructures de transports appropriées. Tout en reconnaissant que le tourisme ne constitue pas une politique communautaire et qu'en vertu du principe de subsidiarité, il relève de l'action des Etats membres, le rapport invite la Commission à prendre des initiatives afin de développer le potentiel touristique en Europe et à protéger les consommateurs contre les risques potentiels lors de leurs déplacements. Il lui demande ainsi de mettre en place, en coopération avec les Etats membres, un groupe de contact associant ces derniers et les voyagistes afin de coordonner les informations sur la gestion de crises sanitaires, de catastrophes naturelles ou d'actions terroristes, ainsi que des problèmes de sécurité personnelle, juridique et pénale (détentions, séquestrations, etc.) et de permettre une réponse rapide et coordonnée pour protéger les touristes européens et les opérateurs affectés par ces événements. Le PE demande en outre, à la Commission, face à l'impact négatif qu'a sur l'environnement et sur l'emploi la concentration saisonnière des touristes, d'assurer une coordination des réglementations nationales concernant les vacances, afin d'obtenir un grand équilibre et d'utiliser de manière plus efficace et durable les infrastructures et les ressources humaines. Les députés souhaitent aussi une initiative visant à désigner, sur le modèle des « capitales européennes de la culture », des « destinations touristiques européennes d'excellence » et sélectionner chaque année une ou plusieurs régions ou micro-régions sur la base d'indicateurs de qualité liés à la préservation et à la mise en valeur des patrimoines culturel et naturel et au développement de services touristiques durables, et de promouvoir ces destinations par une campagne de communication adéquate. A l'issue, le Commissaire à l'industrie Günter Verheugen a reconnu les défis posés à l'industrie du tourisme et la nécessité de promouvoir ce secteur économique au potentiel. « Il faut une politique intégrée qui rassemble toutes les compétences pour exploiter au maximum nos possibilités pour un tourisme florissant en Europe (…). La Commission est prête à collaborer avec le Parlement « dans ce sens », a-t-il souligné. Et il a indiqué qu'il présenterait au Forum du tourisme, qui se tiendra du 19 au 22 octobre à Malte, les grandes lignes de l'action que la Commission compte mener en cette matière. M. Verheugen a précisé que la Commission n'envisageait pas de fonds supplémentaires pour ce secteur (le rapport lui demandait « de créer une ligne budgétaire suffisante ») mais qu'elle veillera à exploiter au maximum les instruments financiers existants. Aucune législation supplémentaire ne sera proposée par la Commission, qui ne se substituera en aucun cas à l'industrie pour entamer des actions qui relèvent de la responsabilité de celle-ci (comme l'élaboration d'un programme destiné au tourisme des personnes âgées), a assuré M. Verheugen.