Bruxelles, 01/07/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne dispose des contributions de toutes les parties intéressées par la politique de développement de l'UE pour peaufiner la nouvelle déclaration politique que prépare Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, en vue de développer une véritable stratégie commune de développement de l'UE, à l'instar de la politique commune de sécurité dont s'est dotée l'UE.
Les résultats de la consultation publique, lancée en janvier dernier, pour alimenter cet exercice de révision de la déclaration politique de 2000 (EUROPE n°8876), ont été publiés vendredi et seront dûment pris en compte dans la nouvelle politique de développement de l'UE que proposera la Commission européenne d'ici à la fin juillet, assure le Commissaire Louis Michel. Cette proposition définira, d'une part, les objectifs, les principes et les valeurs de la politique de développement de l'UE, et d'autre part, les orientations pour sa mise en œuvre au niveau communautaire. Après approbation par le Collège, elle sera soumise au Conseil et au Parlement, en vue de déboucher sur une déclaration politique des trois institutions si elles se mettent d'accord.
« Pour la première fois en cinquante ans de coopération, le « consensus de Bruxelles » définira le cadre de principes communs dans lequel l'Union et ses vingt-cinq Etats membres mettront chacun en œuvre leurs politiques de développement dans un esprit de complémentarité. Nous définirons quelques grands objectifs quantifiables que nous inscrirons dans un calendrier », a déclaré le Commissaire Louis Michel, à la 24 ème rencontre des milieux économiques et sociaux ACP-UE, jeudi à Bruxelles.
Voici, selon la Commission, les lignes de force qui se sont dégagées des 529 contributions reçues de la part des institutions, de la société civile et des pays partenaires:
Une majorité juge que l'éradication de la pauvreté doit demeurer l'objectif primordial d'une nouvelle déclaration de politique générale dans le cadre de la déclaration du Millénaire ; plusieurs contributions insistent en outre sur la nécessité de veiller à la cohérence des divers éléments de l'action extérieure de l'UE.
Une forte majorité approuve l'idée que la politique de développement ne doit pas être subordonnée à la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ou à la politique de l'UE en matière de flux migratoires, et plaide plutôt pour la prise en compte des objectifs de développement dans d'autres politiques sectorielles, comme la politique commerciale, par exemple.
Il y a consensus sur l'idée que cette nouvelle politique doit s'appliquer à l'ensemble des pays en développement.
La proposition visant l'établissement d'un cadre thématique commun de l'UE pour la coopération au développement recueille un large soutien même si beaucoup estiment que les thèmes proposés sont trop vastes.
La plupart des acteurs soulignent l'importance de l'appropriation de la politique de développement par les pays bénéficiaires et la nécessité d'ancrer les programmes d'aide de l'UE dans la stratégie de réduction de la pauvreté dans chaque pays.
Si la déclaration politique de 2000 a porté ses fruits en préconisant une concentration de l'aide sur des secteurs ciblés, il faut désormais, de l'avis général, une approche souple pour prendre en considération les priorités des pays partenaires et le respect du principe d'appropriation.
Le rapport peut être consulté sur Internet à l'adresse suivante: http: //europa.eu.int/comm/development/body/theme/consultation/index_fr.