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Bulletin Quotidien Europe N° 8982
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/g8

La portée des résultats du G8 sur l'Afrique et les changements climatiques reste encore largement incertaine

Bruxelles, 01/07/2005 (Agence Europe) - Les travaux du G8 (G7 plus Russie) s'ouvriront les 7 et 8 juillet prochains à Gleneagles en Ecosse avec comme thèmes principaux: le soutien au continent africain, les changements climatiques et, en prélude de la ministérielle de l'OMC à Hong-Kong en décembre, la question transversale des négociations commerciales du cycle de Doha. A ce stade, les Etats du G8 sont loin de présenter une convergence de vues, mais d'ici la semaine prochaine les diplomates tenteront d'aplanir les divergences et de parvenir au résultat ambitieux que souhaite atteindre la Présidence britannique. Le point consacré aux évolutions climatiques sera abordé jeudi matin, avant une rencontre avec les chefs d'Etat chinois, indien, sud-africain, mexicain et brésilien à laquelle participeront des représentants du FMI, de la Banque mondiale et des Nations unies. L'après-midi, les discussions porteront sur les questions de politique étrangère, en particulier le Moyen-Orient et des sujets comme le nucléaire. Le lendemain, vendredi, le G8 s'intéressera à la situation en Afrique, dont il recevra plusieurs leaders politiques à déjeuner. Outre des déclarations sur l'aide à l'Afrique et les changements climatiques, dont la portée reste encore très incertaine, le G8 devrait adopter six autres textes sur le tsunami en Asie, la situation économique globale (avec un point sur Doha), la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération d'armes, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, ainsi que la lutte contre le SIDA.

La déclaration sur l'Afrique portera aussi bien sur la paix et la stabilité de la région que sur la bonne gouvernance. Les chefs d'Etat salueront la décision des ministres des Finances de supprimer la dette multilatérale de 18 pays les plus pauvres et l'UE devrait rappeler la nécessité d'augmenter l'aide publique au développement (APD), dont l'Afrique absorbe plus de 50%, tout autant que d'identifier des moyens additionnels de financement. La Commission reconnaît toutefois que la tâche sera délicate sur ces deux points, avec les Etats-Unis notamment. Compte tenu des objectifs formulés par les 25 Etats membres, 20 milliards d'euros supplémentaires seront mobilisés au titre de l'APD, portant les contributions de l'UE à 149 euros par an et par personne. Un chiffre qui équivaut à la moitié du niveau d'APD atteint en Norvège (300 euros par an et par habitant), mais est supérieur à celui de la Suisse (111 euros par habitants) et des Etats-Unis (40 euros). La facilité de financement internationale (IFF) et son projet pilote pour la vaccination font encore l'objet d'analyses d'impact sur les finances publiques des Etats, de sorte qu'à ce stade il n'est pas sûr que des progrès soient possibles à Gleneagles, soulignait-t-on jeudi à la Commission.

La déclaration sur les changements climatiques ne donnera pas la trame d'un futur plan sur le sujet, mais devrait aborder trois priorités: (a) un plan d'action, plutôt consensuel, avec des éléments concrets et tangibles, comme des technologies respectueuses de l'environnement, qui seraient « en ligne » avec la communication de la Commission de février dernier (EUROPE n° 8885) ; (b) un point sur le lien entre sciences et technologies et les conséquences du changement climatique sur la migration des espèces ou la fonte des glaces, par exemple ; le lien entre les activités humaines et le réchauffement planétaire n'est pas accepté par tous et la Présidence britannique devra peut-être revoir ses ambitions à la baisse face aux réticences américaines ; (c) la portée du problème pour les économies émergentes, grandes consommatrices d'énergie.

Avec pour ambition d'achever le cycle de Doha d'ici la fin 2006, le G8 souhaite donner un signal politique ambitieux, mais ne permettra pas de progresser dans les négociations elles-mêmes. Le message contenu dans la déclaration devrait donc être « équilibré », selon la Commission, qui confirme qu'il ne s'agira pas d'identifier un élément spécifique plutôt qu'un autre (l'agriculture notamment). L'UE devrait aussi soutenir une augmentation de l'assistance technique au commerce pour permettre aux pays pauvres de respecter les normes élevées requises pour l'entrée des produits sur ses marchés (normes phytosanitaires - SPS). La hausse de l'aide en faveur du commerce pourrait s'avérer problématique pour les Etats-Unis et le Japon, et, selon toute vraisemblance, de nouveaux engagements en faveur d'une initiative « tout sauf les armes » ne sont pas non plus à attendre de la part des Etats-Unis, du Canada et du Japon.

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