Bruxelles, 01/07/2005 (Agence Europe) - Le Premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair, qui assure pour les six derniers mois de l'année la présidence du Conseil européen, s'est engagé, vendredi à Londres, à faire « de son mieux » pour parvenir à un accord sur les prochaines perspectives financières 2007-2013, « surtout après ce qui est arrivé lors du dernier Conseil européen ». « Cela sera-t-il possible ou non, je n'en sais vraiment rien », a-t-il cependant ajouté, sans citer les sujets qui divisent les Etats membres, à savoir la politique agricole commune (PAC) et le chèque britannique. M. Blair a souligné l'importance de définir ce qui serait bon pour l'avenir de l'Europe.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné l'urgence de parvenir à un accord sur les prochaines perspectives financières. « Tous les dirigeants (de l'UE) doivent œuvrer pour un consensus. Nous sommes une UE à 25, bientôt 27, et personne ne doit imposer aux autres son point de vue. Tout le monde devra contribuer. C'est la seule manière de rendre possible un accord sous présidence britannique », a déclaré M. Barroso. En répondant à des questions de la presse, M. Barroso a appelé les Etats membres à batailler ferme pour obtenir un accord. Il a rappelé la proposition qu'il avait présentée lors du dernier Conseil européen, à savoir une « clause de rendez-vous » destinée à analyser toutes les matières du budget, mais seulement à mi-parcours du cadre financier et pas avant.
Interrogé par la presse sur le montant, pour lui convenable, des dépenses agricoles durant le prochain cadre financier, M. Blair a « résisté à la tentation » de répondre à cette question. Il a rappelé que « tout le monde a sa propre position dans le débat et que la position de la délégation britannique est très claire à ce sujet ». « Nous devons commencer notre présidence avec un principe général qui est: Nous devons essayer d'avoir un accord ». Il a ajouté qu'il serait imprudent de commencer à négocier en public.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a affirmé jeudi à Londres que « le Royaume-Uni travaillera dur pour parvenir à un accord sur le financement (de l'UE) d'ici la fin de l'année ». Mais, a-t-il insisté, « toute nouvelle perspective financière devra au moins mettre en place une procédure conduisant à un budget plus rationnel ». M. Straw a estimé que « nous devons nous occuper de l'anomalie (à savoir la PAC) responsable de l'anomalie (le rabais britannique) ».
La ministre française des Affaires européennes, Catherine Colonna, a appelé, vendredi, le Premier ministre britannique Tony Blair à « changer de rôle » en assumant la présidence de l'UE et a réclamé une « réforme » du chèque britannique. « La présidence de l'Union européenne est toujours une lourde charge (…) et il faut ne plus penser seulement à ses intérêts nationaux mais travailler toujours pour l'ensemble des Européens », a-t-elle fait valoir, en ajoutant: « Il faudra que Tony Blair le fasse ». Mme Colonna a réaffirmé que la France tenait au respect de l'accord de 2002 entériné aussi par M. Blair qui sanctuarise les dépenses agricoles jusqu'en 2013. Elle a aussi rappelé que la PAC avait été réformée en 2003. « La seule chose qui n'a pas été reformée, c'est le chèque britannique, qui n'a plus de justification et dont la réforme est nécessaire si l'on veut que chaque pays contribue équitablement au financement de l'Union élargie. Voilà le problème! », a-t-elle lancé. Or, selon elle, « le Royaume-Uni jusqu'ici n'a pas fait la preuve qu'il est prêt à contribuer au financement de l'Union élargie et en particulier qu'il est prêt à contribuer pour les moins riches des Européens ».
La Présidence britannique ne pourra pas « aller beaucoup plus loin » dans l'effort d'économie sur le volet agricole du budget européen, a déclaré jeudi à Paris Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois. Selon le dernier compromis refusé par Tony Blair lors du Conseil européen de juin, « la dépense agricole aurait diminué pour l'Europe des Quinze de 17% et pour l'Europe des Vingt-sept (l'UE plus la Bulgarie et la Roumanie) de 5% », a dit le chef du gouvernement luxembourgeois. « Je ne crois pas, à vrai dire, que les Britanniques puissent aller beaucoup plus loin », a-t-il estimé. « Il y avait déjà dans la proposition luxembourgeoise un très réel effort d'économie sur le volet agricole du budget ». La Commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel a déclaré jeudi la presse qu'elle continuait à se demander ce que le Royaume-Uni souhaite réellement comme réforme de la PAC: « Je continue à me demander ce qu'ils souhaitent réellement, ou s'il s'agit seulement d'un gimmick. Je n'ai rien encore vu de concret sur ce qu'ils demandent », a-t-elle indiqué, avant de s'opposer avec vigueur à l'introduction du cofinancement des dépenses agricoles pour réduire la pression sur le budget de l'UE.