Luxembourg, 30/05/2005 (Agence Europe) - Le Sommet des Nations unies en septembre prochain à New York a été l'un des principaux points abordés lors de la 12ème réunion ministérielle UE-Groupe de Rio le 27 mai à Luxembourg. A l'issue de la rencontre, les coprésidents de la réunion, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et président du Conseil de l'UE, Jean Asselborn, et son homologue argentin Rafael Bielsa, président pro tempore du Groupe de Rio, ont réaffirmé l'attachement commun des Européens et des Sud-Américains au multilatéralisme. « Nous partageons l'envie de pouvoir vivre dans un système multilatéral efficace, avec l'ONU comme pièce centrale de ce système », a assuré M. Asselborn dans son discours d'ouverture. Au cours de la réunion, « nous avons salué l'excellente contribution préparatoire au sommet que représente le rapport du Secrétaire général Kofi Annan », a précisé en conférence de presse le chef de la diplomatie luxembourgeoise, ajoutant que l'UE était déterminée à ce que ce processus de réforme de l'ONU qui s'engage « aboutisse à la formulation de réponses communes aux grands problèmes du développement, de la sécurité - non prolifération des armes nucléaires et lutte contre le terrorisme - et des droits de l'homme ». M. Asselborn a également assuré que les représentants des deux parties étaient parvenues à un consensus pour dire que « la réforme du Conseil de sécurité est un des aspects de la réforme des Nations unies, mais pas le plus important ».
Sur les questions internationales, l'UE a souligné l'importante implication des pays latino-américains dans les opérations des Nations unies de maintien de la paix, notamment l'envoi de casques bleus dans les Balkans, à Chypre, en Afghanistan et en Haïti (MINUSTAH). « Par cette présence accrue, les pays latino-américains démontrent leur volonté de préserver les valeurs chères aux Européens: démocratie, droits de l'homme et Etat de droit », a commenté M. Asselborn. La situation en Haïti a été l'autre grand thème que les deux parties ont longuement discuté. « L'UE reste préoccupée par le climat de violence qui persiste dans certaines zones du pays et espère que le processus de désarmement de certains groupes organisés va s'intensifier afin de garantir le retour à une situation de sécurité dans le pays, condition nécessaire pour le bon déroulement des élections à la fin de l'année », a affirmé M. Asselborn. Concernant Cuba, M. Bielsa a assuré les Européens du soutien de son Groupe « à la politique de l'UE orientée dans le sens du dialogue avec La Havane ». « C'est grâce à ce dialogue que la société civile a pu trouver sa place dans l'île, et cela montre bien que l'isolement n'est pas le meilleur des remèdes », a souligné le chef de la diplomatie argentine. Réaffirmant les propos qu'il avait tenus la veille à l'issue de la réunion UE-Mercosur (EUROPE n° 8956), M. Asselborn a ajouté qu'il était « disposé à prendre des initiatives qui permettent de revenir dans une situation plus calme pour renouer le dialogue sur les droits de l'homme et l'Etat de droit ». « J'espère que, des deux côtés, on évitera les provocations à l'avenir », a-t-il poursuivi, ajoutant: « l'UE a montré sa bonne volonté, j'espère que les autorités cubaines l'auront compris. Si ce n'est pas le cas, je crois que cela va être difficile pour nous de proposer mieux que ce que nous avons fait ».
L'UE et le Groupe de Rio ont aussi eu un échange de vues sur l'avenir de leurs relations et discuté des progrès réalisés dans le domaine de l'intégration régionale et de la coopération entre les deux régions. M. Asselborn a notamment rappelé que l'UE était le premier partenaire commercial de l'Amérique latine, un des principaux investisseurs et le premier donateur d'aide au développement. Dans ce contexte, M. Bielsa a mis l'accent sur « l'un des paradoxes de l'époque contemporaine » qui explique les processus d'intégration régionale en cours sur le continent sud-américain: « certains Etats nations sont trop petits pour faire seuls face à la mondialisation, tandis que certains Etats nations sont trop grands pour répondre réellement aux préoccupations des citoyens ». Européens et Sud-Américains ont également mis l'accent sur l'emploi et, notamment sur « la notion de travail décent » évoquée par M. Bielsa, et la cohésion sociale, « élément fondamental aussi bien en Amérique latine qu'en Europe car la pauvreté, l'exclusion et l'inégalité sont une atteinte à la dignité humaine et affaiblissent la démocratie et la paix », a assuré M. Asselborn. Dans son discours d'ouverture, M. Asselborn avait estimé: « les bénéfices de la démocratisation et du développement économique au cours des années 90 n'ont pas atteint toutes les couches de la population en Amérique du Sud. Celles-ci restent souvent confrontées à l'inégalité et à l'exclusion sociale qui constituent un obstacle au développement économique et une source d'instabilité des institutions démocratiques ». Ce qui a amené M. Asselborn à insister sur la nécessité pour les gouvernements sud-américains de renforcer la cohésion sociale sur leur continent en partageant les bonnes pratiques du « modèle social européen » par le biais d'un dialogue politique renforcé avec l'UE.