Bruxelles, 02/05/2005 (Agence Europe) - Les premiers résultats détaillés de l'enquête européenne sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (SHARE - Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe) ont été présentés le 28 avril à Bruxelles. Cette enquête, financée par la DG Recherche de la Commission européenne à hauteur de 2,9 millions d'euros sur trois ans, le « National Institute on Aging » américain et plusieurs agences nationales, fournit des données sur les conditions de vie d'environ 22.000 personnes âgées de 50 ans et plus à travers 11 pays européens, s'étalant de la Scandinavie à la Méditerranée. L'objectif principal était d'établir des données fiables pour les chercheurs et décideurs dans les domaines de la santé publique, de l'économie et des sciences sociales. « Les Européens du nord sont en meilleure santé et plus riches, mais cela ne se traduit pas en différences de mortalité et les Européens du Sud vivent plus longtemps », a affirmé le coordinateur de l'enquête le Professeur Axel Börsch-Supan (Université de Mannheim, Allemagne). La « Vieille Europe » est le continent où la proportion de citoyens âgés est la plus élevée et ce processus de vieillissement se poursuivra au cours de la majeure partie de ce siècle. Ainsi, avant l'élargissement de l'UE, 16% de ses habitants avaient plus de 65 ans, mais ce pourcentage devrait atteindre 28% en 2050.
Voici les principales conclusions de l'enquête: (1) santé: il existe un lien entre la bonne santé physique et mentale et le statut socio-économique. Par exemple, la dépression est plus fréquente chez les personnes à bas revenu, en particulier parmi les pays du nord de l'Europe ; 2) emploi: - les pays où la préretraite est autorisée et/ou généreuse ont un nombre important de préretraités (typiquement les pays du sud, mais aussi l'Autriche et la France). Par ailleurs, - n'y a pas de relation claire entre l'assurance maladie et l'état de santé: la prévalence de l'octroi d'allocations maladie parmi les personnes entre 50 et 64 ans varie fortement entre les 11 pays européens, passant de 16% au Danemark à 3% en Grèce ; - de bonnes conditions de travail retardent l'âge de la retraite: ainsi, la qualité de l'emploi est fortement associée au bien-être, la faible qualité de l'emploi entraînant mauvaise santé et dépression ; - 10% des 65-74 ans travaillent volontairement. Les Néerlandais sont les plus actifs avec plus de 25% de bénévoles, suivis des Suédois et des Danois. Par contre, en Espagne et en Grèce par exemple, moins de 4% des personnes interrogées déclarent travailler volontairement, et ce dans toutes les classes d'âge; (3) famille et réseaux sociaux: - l'unité familiale entre générations reste solide, le potentiel d'entraide quotidienne est élevé partout en Europe, particulièrement dans le sud. Le temps consacré à l'aide familiale ou à s'occuper des petits-enfants concerne environ 1/3 des personnes de 65 ans. Au Nord, les parents donnent, au Sud, ils reçoivent: 28% des seniors ont ainsi donné ou reçu de leur famille plus de 250 euros au cours des douze derniers mois ; (4) statut économique: la pauvreté est souvent atténuée par les ressources non financières. Par exemple, le logement chez ses enfants (dans le même ménage ou dans le même bâtiment) reste un mécanisme important de solidarité qui permet d'atténuer la pauvreté, non seulement dans les pays du sud mais aussi en Allemagne. (Site web du projet: http: //http://www.share-project.org ).