Bruxelles, 02/05/2005 (Agence Europe) - Le Parti populaire européen (PPE) organise les 8 et 9 mai à Paris, avec la Konrad Adenauer Stiftung, une conférence sur La Constitution- Notre projet commun pour l'Europe.
Le 8 mai, les travaux seront ouverts par Wilfried Martens, président du PPE, Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE au Parlement européen, et Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du PE. Une première session, à laquelle participeront notamment les députés européens Alain Lamassoure, Jean-Luc Dehaene et Inigo Mendez de Vigo, sera ouverte par le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier. Le soir, un dîner aura lieu à l'Hôtel Matignon à l'invitation du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Le 9 mai, une deuxième session sera ouverte par Pierre Lequiller, vice-président du PPE et président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, avec la participation de Pascale Andréani, conseillère de M. Raffarin, Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat pour les relations avec l'UE, et Aloisz Peterle, ancien Premier ministre slovène. Le discours de clôture sera prononcé par Valéry Giscard d'Estaing, président de la Convention européenne et ancien président de la République française.
Samedi, pour la première fois en deux mois, le « oui » était en tête en France dans un sondage TNS-Sofres pour Le Monde, RTL et LCI: 52% oui et 48% non (51%-49% au PS). Selon un sondage pour Le Journal du dimanche, au contraire, le « non » resterait en tête (52%) mais le « oui » gagnerait 4 points.
Dans un entretien au Monde du 30 avril, le président du Conseil européen, Jean-Claude Juncker, réaffirme: « Il n'y a pas de plan B. Si la France et les Pays-Bas disaient non, je crois que les autres Etats membres devraient poursuivre le processus de ratification prévu (…) Si la France dit non, et même si c'est la France, on ne pourra pas retirer leurs droits de parole aux autres. (…) Les partisans du non essaient d'accréditer l'idée que la renégociation serait possible. (…) Ils devraient cependant respecter la dignité des autres pays, d'autant qu'ils font grand cas de l'Europe des nations. L'idée que nous nous mettrions immédiatement à renégocier est d'une naïveté criante. Comme les ressorts du non sont multiples, je ne vois pas sur quoi nous pourrions négocier ».
Dans le Point du 28 avril, le président de la Convention européenne Valéry Giscard d'Estaing explique pour sa part plusieurs articles clés de la Constitution, et commente en particulier: « « Progrès social » ; c'est écrit noir sur blanc ! C'est donc une contrevérité d'affirmer que la Constitution marque un recul social. D'autant que ce volet a été supervisé par un groupe de travail présidé par un syndicaliste. Et je peux vous dire que l'intéressé n'était pas un adepte de l'économie de marché débridée ».
« Ils vous mentent », lance quant à lui Jacques Delors, dans le Nouvel Observateur du 28 avril, à propos de nombreux détracteurs de la Constitution: « Savez-vous que le mot « social », lui, revient 89 fois » dans la Constitution ? dit l'ancien président de la Commission européenne à ceux qui s'indignent que le mot « concurrence y apparaisse 27 fois. Et il renchérit, concernant les termes « concurrence non faussée »: « Que dirions-nous si un Etat voisin subventionnait outrageusement son industrie de manière à inonder notre marché intérieur de ses produits ? ». Et il avertit ceux qui s'en prennent surtout à la troisième partie de la Constitution, celle qui décrit les politiques: « Cette troisième partie existe parce qu'il fallait bien mentionner les traités existants, c'est-à-dire les règles du jeu qui sont maintenues. Ces traités, la France les a déjà tous signés et ratifiés ! (…) S'ils disparaissent l'Union européenne n'a pas plus de base juridique pour son fonctionnement quotidien. La Constitution est une avancée parce qu'elle leur ajoute des garanties nouvelles. (…) Si le traité constitutionnel est rejeté, seuls restent les textes actuels ».
Le président pour l'Europe de la Commission trilatérale Peter Sutherland, ancien Commissaire européen (aux affaires sociales et à la concurrence) et ancien président fondateur de l'OMC, commente dans Le Figaro du 2 mai: un rejet de la Constitution dans un « membre fondateur qu'on n'a pas cessé de considérer comme un moteur de l'intégration » aurait « inévitablement des retombées dévastatrices sur l'ensemble du projet européen ». M. Sutherland (qui vient d'un pays, l'Irlande, qui a une grande expérience en matière de référendums sur les affaires européennes), estime au contraire que si le Royaume-Uni rejette seul la Constitution, ou avec « deux ou trois petits pays, les effets seront très sérieux » seulement pour lui, et qu'il serait « invité à réexaminer sa position ou à entamer une nouvelle relation avec l'UE, mais la Constitution ne sera pas abandonnée pour autant. Et le moteur de l'Union demeurera intact ».