Bruxelles, 02/05/2005 (Agence Europe) - L'Union européenne doit faire davantage pour assurer la sécurité de son approvisionnement énergétique, a affirmé mardi le Commissaire chargé de l'énergie, Andris Piebalgs. S'exprimant lors de la réunion ministérielle de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui s'est ouverte le 2 mai à Paris, M.Piebalgs a estimé que la hausse actuelle des prix du pétrole démontre combien la dépendance énergétique peut peser sur l'activité économique et combien il est important de diversifier les ressources et de limiter la consommation. Pour le Commissaire, il est clair que l'accent devra être surtout mis sur les mesures permettant d'économiser de l'énergie. « Nous n'avons qu'une très petite marge de manœuvre en qui concerne la fourniture énergétique. Par conséquent, nous devrions renforcer nos efforts du côté de la demande. Ce sera aussi le message du prochain Livre vert sur l'efficacité énergétique que je vais présenter dans les prochains mois », a indiqué M. Piebalgs. En travaillant sur l'efficacité énergétique (notamment dans le chauffage des bâtiments et les transports, les deux principaux secteurs de consommation), il doit être possible de stabiliser le volume des importations pétrolières de l'UE au niveau actuel. Tel sera l'objectif du Livre vert, a expliqué M.Piebalgs. Une autre piste d'action qui sera mentionnée dans le Livre sera celle d'une meilleure coopération avec les principaux pays fournisseurs d'énergie (notamment la Russie et les pays riverains de la Mer Caspienne, de la Méditerranée et la Norvège, les pays de l'OPEC avec qui un nouveau mécanisme de dialogue a été mis en place, avec une première réunion ministérielle le 9 juin prochain), mais aussi avec les pays de transit, comme notamment l'Ukraine. L'UE souhaite aussi améliorer ses contacts avec les principaux pays consommateurs: Etats-Unis, Japon, Chine, Inde. Le manque de transparence des marchés pétroliers et l'incertitude sur la fiabilité des statistiques sur les stocks de pétrole existants favorisent la spéculation et, par conséquent, la volatilité des prix pétroliers. D'où l'importance du dialogue entre l'UE et l'OPEC qui devra permettre de dresser une image plus exacte et fiable des capacités de production et des stocks existants. « La Commission envisage aussi de renforcer la transparence des réserves de sécurité de pétrole des Etats membres en publiant deux fois par mois des statistiques consolidées sur le niveau de ces réserves », a dit M. Piebalgs. Une mesure que le ministre français à l'Industrie Patrick Devedjian a suggérée lundi dans une interview avec Le Parisien. « Il faut leur donner (aux stocks de sécurité) une visibilité internationale. (…) Le cours du pétrole varie beaucoup en fonction des réserves américaines. Or, nous avons des stocks considérables en Europe mais nous n'en parlons jamais. (…) En centralisant ces données et en les publiant, disons tous les 15 jours, cela stabiliserait les marchés et dissuaderait les spéculateurs », a-t-il expliqué.