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Bulletin Quotidien Europe N° 8916
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/chine

L'embargo sur les armes à la Chine divise les Européens - L'Allemagne et la France, qui défendent la levée de l'embargo, campent sur leurs positions

Bruxelles, 24/03/2005 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué dans EUROPE n° 8915, la question de la levée de l'embargo sur les exportations d'armes vers la Chine n'a pas été évoquée par le Conseil européen, « ni officiellement, ni officieusement » selon le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana. Mais, pour M. Solana, « il est encore trop tôt » pour dire si la décision sur la levée de l'embargo pourra intervenir avant la fin du mois de juin, comme prévu par le Conseil européen de décembre 2004. Tandis que, face aux pressions de l'administration américaine et du Congrès, et après l'adoption par Pékin de la loi antisécession qui envisage un recours à la force de la Chine en cas de déclaration d'indépendance de Taïwan, le Royaume-Uni cherche des soutiens diplomatiques parmi les Ving-cinq pour reporter cette décision (EUROPE n° 8914), la France et l'Allemagne qui défendent depuis plusieurs mois la levée de l'embargo, campent sur leurs positions. Mercredi, le président français Jacques Chirac a réaffirmé devant la presse qu'il n'y avait « aucune raison de penser » que la France avait changé de position et que la levée de l'embargo s'imposait toujours. Dans une interview au quotidien japonais Asashi Shimbun, M. Chirac a toutefois tenté de rassurer le Japon en garantissant que « la levée de l'embargo ne signifie pas ventes d'armes à Pékin ». Le chancelier allemand Gerhard Schröder a indiqué pour sa part qu'il n'y avait « rien de nouveau » dans sa position sur le sujet.

Rappelons que la décision sur la levée de l'embargo exigera l'unanimité des Vingt-cinq, et selon le Financial Times, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque sont réticents à faire un pas envers la Chine tant que Pékin ne se conformera pas aux exigences européennes en matière de respect des droits de l'homme et ne ratifiera pas la convention des Nations unies sur les droits civiques et politiques. A Pékin, les autorités chinoises ont fustigé jeudi les pays de l'UE réticents et les ont implicitement appelés à suivre l'exemple de la France et de l'Allemagne. « Certains pays de l'UE cherchent des excuses pour bloquer la levée de l'embargo, ce n'est pas raisonnable. Nous espérons que ces pays vont cesser d'agir ainsi », a indiqué le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Liu Jianchao.

A Londres, un rapport rédigé par un groupe de parlementaires de la Chambre des Communes met en garde contre le risque « d'importantes répercussions sur les échanges entre l'Europe et les Etats-Unis au cas où l'embargo serait levé », en faisant référence aux menaces du Congrès américain d'écarter les groupes européens des contrats de défense et de leur interdire l'accès aux technologies américaines. Le rapport évoque également le risque que « les Etats membres de l'UE puissent favoriser de manière inquiétante les capacités militaires chinoises » et que les armes vendues par les Européens soient utilisées à des fins de répression en Chine. Il souligne en outre qu'une levée de l'embargo sur les armes ne devrait pas conduire à « une augmentation qualitative ou quantitative des ventes d'armes à la Chine, ou à un transfert de technologies sensibles ». Le rapport recommande donc au gouvernement britannique de s'opposer à la levée de l'embargo « si de telles assurances ne peuvent pas être obtenues ».

Rappelons que le Parlement européen s'est prononcé à plusieurs reprises contre la levée de l'embargo.

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