Bruxelles, 24/03/2005 (Agence Europe) - Le « roaming » exige une réforme en profondeur: les tarifs sont excessifs, et les consommateurs, mal informés, n'ont pas de moyens de recours. Telle est la principale conclusion d'une audition organisée le 16 mars par la commission du marché intérieur du Parlement européen. Les experts invités à s'exprimer ont dressé l'état de la situation dans les pays membres et souligné les enjeux du « roaming », terme communément employé pour désigner l'utilisation des téléphones portables sur les réseaux étrangers. Selon l'INTUG (International Telecommunication Users Group), les tarifs excessifs des communications itinérantes sont un « problème majeur », et le système s'apparente à « un véritable cartel » se jouant de réglementations européennes obsolètes dans un marché devenu de plus en plus complexe et régi par des entreprises en abus de position dominante. Dietrich Beese, directeur du groupe 02 en Allemagne, estime que les opérateurs étrangers dictent les prix du roaming et provoquent une surenchère tarifaire, n'autorisant à l'opérateur d'origine que de faibles marges. Depuis 2002, les accords entre opérateurs et la mise en circulation de nouvelles cartes SIM ont constitué un petit progrès. Les opérateurs privilégient cependant les accords bilatéraux, voire multilatéraux, alors que les experts préconisent plutôt une régulation européenne adéquate. Les régulateurs européens de COMREG (Commission pour la régulation des communications) dénoncent eux aussi l'opacité du système: les consommateurs ne sont pas informés sur le « roaming » et n'ont par conséquent pas de moyen de recours. La réforme du marché des télécommunications est une priorité, a conclu le travailliste britannique Phillip Whitehead, président de la commission parlementaire du marché intérieur. Soulignant que ce marché « constitue une pomme de discorde depuis longtemps » et qu'il convient de mettre fin à « cette véritable extorsion », le député a annoncé une autre réunion sur cette question en mai prochain.