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Bulletin Quotidien Europe N° 8906
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/terrorisme

Commémoration, à Strasbourg et à Madrid, de l'attentat du 11 mars 2004

Bruxelles, 10/03/2005 (Agence Europe) -Le Parlement européen a consacré jeudi midi une minute de silence à la mémoire des 192 morts de l'attentat islamiste qui a frappé Madrid le 11 mars 2004. Le Président Borrell a remarqué en prélude à cet hommage que « l'attentat du 11 mars avait placé les Européens devant la perspective mondiale du terrorisme », alors qu'auparavant « chaque Etat avait ses propres terroristes ». Il a souligné l'importance de ne pas sacrifier la démocratie à la lutte contre le terrorisme, et tout l'intérêt de se pencher sur les racines du terrorisme. M. Borrell déplore que « tout ce que l'émotion du moment nous avait poussé à décider, nous ne l'avons pas encore appliqué ». Beaucoup des mesures du plan d'action ne sont pas traduites dans les faits, a-t-il rappelé, en appelant à « davantage d'Europe » pour lutter contre le terrorisme (EUROPE d'hier, p.4). Dans un certain raccourci, Josep Borrell a déclaré que « les morts de Madrid ne sont peut-être pas morts en vain », puisque « peu après les Etats membres se sont mis d'accord pour débloquer la Constitution. Peut-être cette grande peur a permis d'aplanir beaucoup de différends ».

Pendant ce temps, à Madrid, de nombreux leaders politiques participaient à la conférence organisée par le Club de Madrid sur le terrorisme. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a insisté sur la nécessité que les sanctions financières décidées contre les membres d'Al-Qaida et les entités associées « soient appliquées dans leur intégralité ». M. Annan a rappelé que « le terrorisme est une menace qui pèse sur tous les États et tous les peuples. Il peut frapper à tout moment, partout dans le monde ». Il a proposé cinq axes de réponse: « décourager les groupes de mécontents de choisir le terrorisme comme tactique pour atteindre leurs objectifs »; « dénier aux terroristes les moyens de mener à bien leurs attaques »; « dissuader les États de soutenir les terroristes »; « développer la capacité des États de prévenir le terrorisme »; « défendre les droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme ». Kofi Annan a souligné l'importance « d'interdire aux terroristes l'accès aux matières fissiles ». Il a lui aussi évoqué la préservation de la démocratie, en notant: « les spécialistes des droits de l'homme, y compris ceux du système de l'ONU, considèrent tous, sans exception, que nombre de mesures qu'adoptent actuellement les États pour lutter contre le terrorisme constituent une atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ».

« L'Afghanistan offre un excellent modèle de coopération entre les peuples. Cela prouve que lorsque la communauté internationale décide de travailler main dans la main, elle est capable de vaincre toutes les menaces », a déclaré à Madrid le Président Karzaï, selon l'AFP. Il a estimé que l'Afghanistan était devenu un « havre pour le terrorisme » à cause de l'indifférence de la communauté internationale après la fin de son occupation et regretté qu'il ait fallu le choc des attentats du 11 septembre 2001 pour que la communauté internationale se rende compte de cette situation.

Le ministre luxembourgeois de la Justice et président du Conseil JAI de l'UE, Luc Frieden, a présenté à Madrid la déclaration approuvée par le Conseil fin février. « Chacun des citoyens qui composent l'Union européenne rend aujourd'hui un nouvel hommage aux victimes et à leurs proches parce que tous les citoyens se sont sentis atteints ce jour-là (…) L'UE, elle aussi, rend hommage aux victimes du 11 mars 2004. Elle le fait en mobilisant les compétences qui sont les siennes et pour soutenir fermement les efforts des États membres pour protéger leurs citoyens là où ils se trouvent et prévenir d'autres "11 mars 2004" ».

Les Présidents de la Commission européenne José Manuel Barroso, du Parlement européen Josep Borrell et du Conseil européen Jean-Claude Juncker participeront vendredi à une cérémonie silencieuse dans le parc madrilène du Retiro, à laquelle participera aussi le roi du Maroc, Mohammed VI.

Le Parlement européen poursuivra sa commémoration de l'attentat du 11 mars par la diffusion, vendredi matin, d'un film suivi d'interventions d'élèves bruxellois, dont ceux des écoles européennes.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe organise le 17 mars, à Paris, une audition sur les medias et le terrorisme.

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