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Bulletin Quotidien Europe N° 8868
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/droits de l'homme

Dans son bilan annuel, Human Rights Watch dénonce les Etats-Unis, mais aussi l'Europe

Bruxelles, 17/01/2005 (Agence Europe) - Dans son bilan annuel sur 2004, Human Rights Watch critique sévèrement les Etats-Unis, et n'épargne pas non plus l'Union européenne.

« Le gouvernement américain est de moins en moins capable de faire pression pour que la justice soit respectée à l'étranger car il n'est pas lui-même disposé à ce que justice soit faite aux Etats-Unis », déplore le directeur exécutif de Human Rights Watch, Kenneth Roth, en dénonçant l'absence d'enquêtes approfondies sur les tortures et mauvais traitements en Irak, Afghanistan et à Guantanamo.

Human Rights Watch dénonce tout autant les Etats-Unis que l'Europe s'agissant du Darfour. Une large force placée sous l'autorité de l'ONU est nécessaire au Darfour, mais « chacun a quelque chose de plus important à faire que de sauver le peuple du Darfour », dénonce Human Rights Watch, en soulignant que les Etats-Unis sont « enlisés en Irak », « l'Otan est occupée en Afghanistan, l'Union européenne déploie ses forces en Bosnie ».

S'agissant plus spécifiquement de l'Union européenne, l'organisation de défense des libertés estime que « les institutions et les gouvernements n'ont pas été à la hauteur » du défi que constitue une lutte contre le terrorisme qui n'empiète pas sur les droits des citoyens. Human Rights Watch estime qu'ils ont « au contraire continué à supprimer progressivement la protection des droits humains, en particulier ceux des demandeurs d'asile et des migrants. Ils ont également raté l'occasion qui leur était offerte de différencier les pratiques européennes des mauvais traitements pratiqués dans d'autres pays, puisqu'ils ont eux-mêmes eu recours à des stratégies de lutte contre le terrorisme qui violent également les droits fondamentaux, parmi lesquels l'interdiction de la torture et de la détention illimitée ».

Human Rights Watch critique les textes adoptés en 2004 par l'UE dans le domaine de l'asile, et une politique de l'immigration entièrement tournée vers la lutte contre l'immigration illégale. L'ONG juge par ailleurs que « les nouveaux Etats membres sont très peu nombreux à disposer de systèmes susceptibles d'offrir des procédures complètes et équitables de détermination du droit d'asile; des régimes de détention qui répondent aux normes internationales ». Human Rights Watch s'inquiète de ce que « l'idée d'un traitement extraterritorial des demandes soit toujours présente ».

Human Rights Watch examine plusieurs législations nationales contre le terrorisme, pour critiquer en particulier celle du Royaume-Uni. Human Rights Wtach s'insurge contre le fait qu'en « août 2004, la deuxième plus grande Cour britannique déclarait que les preuves obtenues sous la torture dans des pays tiers pouvaient être utilisées dans des affaires spécifiques de terrorisme ». Les attentats du 11 septembre ont conduit le Royaume-Uni à adopter une loi sur les mesures antiterroristes, la criminalité et la sécurité (Anti-Terrorism, Crime and Security Act -ATCSA), qui autorise la détention illimitée d'étrangers soupçonnés de terrorisme. En Espagne, « la détention prolongée de présumés terroristes d'origine étrangère a également suscité de vives inquiétudes quant à des violations de procédures et autres, dans le cadre d'un régime de détention spécial ».

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