Bruxelles, 03/12/2004 (Agence Europe) - L'UE et les Etats-Unis semblent tous les deux prêts à poursuivre leurs pourparlers en vue de résoudre leur différend sur les aides publiques à Airbus et Boeing sur un plan bilatéral, en dehors du système de règlement des différends de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). A quelques jours de l'expiration, le 6 décembre, du délai de 60 jours prévu pour tenter de trouver une solution à l'amiable après le dépôt des plaintes américaines et européennes à Genève, Boeing estime qu'il sera possible d'éviter la mise en place d'un panel formel de l'OMC pour trancher le conflit. "Si l'Union européenne est sérieusement prête à reprendre des négociations bilatérales, je pense qu'il y a de bonnes chances d'éviter une procédure devant l'OMC", a affirmé vendredi le patron de Boeing Deutschland, Horst Teltschik dans le Handelsblatt. Selon lui, l'OMC "n'est pas le lieu approprié" pour une confrontation des deux concurrents. L'entourage du Représentant américain au commerce, Robert Zoellick, semble appuyer cette approche. Washington veut en tout cas attendre le début de l'année prochaine avant de décider si demander ou non un panel OMC, affirment des sources gouvernementales. "Personne ne doit douter de notre détermination de poursuivre cette affaire, mais nous voulons donner au nouveau Commissaire européen au commerce le temps nécessaire pour examiner le dossier", ont-ils précisé. La Commission européenne semble aussi favorable à un règlement bilatéral qui permettrait d'éviter un panel à l'OMC (un panel dont le résultat pourrait finalement être désavantageux pour les deux côtés), mais elle préfère d'abord entendre la position officielle des Américains avant de prendre position. "Nous attendons la réunion de lundi prochain à Paris avec M. Zoellick pour obtenir des clarifications sur la position américaine", a dit vendredi la porte-parole du Commissaire au commerce Peter Mandelson. "Si les Américains veulent faire marche arrière" et ne plus chercher de panel à l'OMC, "comme nous l'avons lu dans la presse, alors M. Mandelson serait intéressé à entendre cela directement de
M. Zoellick" lors de la rencontre de lundi (voir EUROPE d'hier, p.13). "Nous souhaitons entendre directement de M. Zoellick ce qu'il entend faire maintenant", a-t-elle répété.