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Bulletin Quotidien Europe N° 8841
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) acp

Le Conseil ACP dépêche une mission au Soudan, soutient la médiation de Thabo Mbeki en Côte d'Ivoire, nomme le futur secrétaire général du groupe ACP, adopte des résolutions pour la défense du sucre, de la banane et du coton ACP

Bruxelles, 03/12/2004 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres des 79 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) a achevé, jeudi soir à Bruxelles, sa quatre-vingtième session sur un bilan fructueux. Outre les décisions politiques adoptées pour favoriser la résolution des conflits au Soudan et en Côte d'Ivoire et les résolutions adoptées pour défendre avec fermeté les produits de base ACP, menacés par la réforme du régime communautaire « sucre » ou « bananes » sous la pression des règles du commerce multilatéral, le Conseil a procédé à la nomination des personnalités qui seront à la tête du groupe ACP pour les cinq prochaines années, et ouvert la voie à la candidature d'un des leurs au poste de Secrétaire général de l'OMC. Les ministres ont aussi affiné leur position pour la session ministérielle conjointe ACP/UE consacrée, le 3 décembre à Bruxelles, à rapprocher les points de vue des ACP et des Européens sur la première révision quinquennale de l'accord de Cotonou, liant pour vingt ans l'UE et les ACP dans un partenariat pour le développement.

Jeudi soir, Keith Desmond Knight, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la Jamaïque et président en exercice du Conseil ACP, s'est félicité devant la presse de la participation, pour la première fois, du Président de la Commission Jose Manuel Barroso et du Commissaire au Développement Louis Michel «qui ont réaffirmé leur engagement envers l'accord de Cotonou et son objectif majeur: la coopération pour éliminer la pauvreté». M. Knight s'est aussi réjoui de l'engagement pris par le Commissaire au Commerce, Peter Mandelson, d'utiliser le commerce comme instrument du développement dans la négociation des accords de partenariat économique (APE) entre l'UE et les régions ACP. « Il existe une position conjointe des ACP et l'UE pour reconnaître que le libre-échange n'est pas la panacée pour lutter contre la pauvreté et promouvoir le développement durable. C'est pourquoi les APE traitent surtout du renforcement des capacités pour que nos pays puissent être compétitifs. Actuellement, nous mettons en place le cadre pour que les APE soient des instruments de développement. Ce n'est que plus tard que nous traiterons des questions d'accès au marché'', a déclaré M. Knight. Pas question, donc, d'arrêter les négociations, comme le demande un collectif d'ONG rassemblées dans le mouvement « Stop aux APE ». La réponse de M. Knight à la presse a été on ne peut plus claire.

Le Conseil a décidé de la répartition des postes de haut niveau entre les sous-régions ACP

Au nombre des décisions saillantes du Conseil ACP, le Président a cité la nomination, comme futur secrétaire général du groupe ACP à compter du 1er mars 2005, de Sir John Kaputin, ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée (qui fut en son temps président de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE). Il succédera au Gabonais Jean-Robert Goulongana, dont le mandat expire le 28 février prochain et qui a accepté de retirer sa candidature à sa propre succession.

Si le poste de secrétaire général du groupe ACP va à un pays du Pacifique, quatre postes de sous-secrétaires généraux échoient respectivement à Afrique de l'Ouest (attribution spécifique: Centre de développement des entreprises), l'Afrique centrale (Administration, finances), l'Afrique de l'Est (produits de base et investissement). Le poste de secrétaire général adjoint du groupe ACP, dont la création vient d'être décidée, ira aux Caraïbes, avec des attributions encore à définir.

Rappelons que, selon le principe de rotation en vigueur, le poste de directeur du Centre technique agricole (CTA), institution paritaire ACP/UE, revient à l'UE, tout comme le poste de directeur adjoint du CDE (Centre de Développement des Entreprises).

Le Conseil dépêche une mission ACP, ministérielle et diplomatique, au Darfour

Saluant les progrès accomplis pour «faire avancer le dialogue politique avec certains pays en conflit », le président Knight s'est réjoui du mandat donné par le Conseil de dépêcher une délégation ACP Darfour (Soudan). Composée de ministres et d'ambassadeurs ACP et conduite par Keith Desmond Knight, la délégation sera sur place du 4 au 10 décembre, avec une double mission: recueillir des informations sur la situation et favoriser la recherche d'une solution politique. « Nous voulons comprendre exactement ce qui se passe et voir ce que nous pouvons faire pour aider. Le Soudan est un pays ACP », a précisé le Président.

Le Conseil ACP continuera d'appuyer les efforts de médiation de Thabo Mbeki en Côte d'Ivoire

Le Président a par ailleurs salué la présence, et l'intervention devant ses pairs, du ministre ivoirien de l'intégration africaine Mel Eg Théodore, « venu informer le Conseil de la situation en Côte d'Ivoire et rechercher l'appui des ACP pour amorcer le dialogue avec l'Union européenne, et tout particulièrement avec la France » (voir EUROPE du 1er décembre, p. 9). « Nous sommes heureux de l'information qu'il nous a donnée, confirmant que le Président Mbeki peut compter sur le gouvernement ivoirien pour mener à bien son mandat », a ajouté le Président Knight, confirmant ainsi l'engagement premier des Etats ACP d'appuyer Thabo Mbeki dans son rôle de médiateur. « Son mandat émane de l'Union africaine, et la famille ACP l'approuve totalement (…). La partie européenne comprend aussi l'importance de cette médiation et voudrait que ces efforts se poursuivent », a rappelé le Président du Conseil ACP.

Dans son exposé au Conseil, le ministre ivoirien avait souligné la difficulté de mettre en oeuvre les accords de Marcoussis et d'Accra III, face au refus des rebelles de désarmer, pour déclarer ensuite: « le gouvernement ivoirien soutient fermement l'initiative confiée au Président d'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, et ne ménagera aucun effort pour créer toutes les conditions favorables à son aboutissement. La Côte d'Ivoire souhaite que les Etats ACP facilitent l'ouverture d'un espace spécifique de dialogue avec l'UE et ses Etats membres, et en particulier la France dont elle ne saurait méconnaître le rôle de facilitation joué depuis le début de la crise, afin qu'elle remplisse, en toute impartialité, la mission qui lui a été confiée par la communauté internationale dans le cadre du mandat de l'ONU».

En marge de la session, Mel Eg Théodore avait déclaré à la presse: « Tout le monde s'est enferré dans (l'accord de: NDLR) Marcoussis sans considérer qu'il peut comporter des insuffisances ». Selon lui « l'espace de dialogue spécifique dans le cadre de l'accord de Cotonou permet la solidarité intra-ACP, peut prédisposer à des concessions et soutenir les efforts du Président Mbeki ». Interrogé sur ce qu'il attend de l'UE, le ministre avait répondu: « nous n'attendons rien de l'UE après deux ans et demi de suspension de la coopération ». Il avait toutefois ajouté: « le Commissaire Louis Michel semble plus ouvert et plus disposé à examiner, sans parti pris, les avancées notables » faites par le gouvernement Gbagbo « plutôt que de se braquer sur des rapports très souvent orientés ». « Le gouvernement a fini de traiter l'ensemble des textes législatifs issus de Marcoussis, à l'exception de la modification de l'article 35 de la Constitution », a-t-il fait observer, déçu que tout le monde fasse comme si rien n'avait été fait.

275 euros la tonne: le tarif minimum requis pour les bananes, selon les ACP

Les ministres ACP ont adopté des résolutions sur: les bananes. Pour rester compétitifs avec le régime uniquement tarifaire qui sera imposé pour les importations de bananes sur le marché de l'UE, les ACP considèrent que « 275 euros la tonne, c'est le tarif minimum, le niveau minimum requis », souligne M. Knight. « L'UE a proposé 230 euros la tonne (…), un tarif aussi bas aura des effets préjudiciables aux pays ACP producteurs (…), 275 euros est le niveau requis pour sauvegarder comme il convient les intérêts des exportateurs ACP (…), tout en permettant à l'UE de respecter ses engagements au titre de la libéralisation du commerce », a-t-il dit. Coton: la résolution appelle la Commission à faire preuve de suffisamment d'ouverture pour que la révision du Flex (mécanisme pour compenser les fluctuations dans les recettes d'exportations des ACP par un appui budgétaire) permette d'en faire un outil « suffisant pour compenser les pertes subies par les pays africains producteurs de coton ». Sucre: les ACP réitèrent « avec force que la réforme envisagée aura des effets très préjudiciables sur l'industrie sucrière de nos pays », M. Knight a rappelé « le caractère multifonctionnel de cette industrie et la dépendance d'un grand nombre de nos forces de travail à l'égard de ce produit de base: des communautés vivent autour des plantations. La réduction de prix est trop importante et la période de mise en oeuvre trop courte pour donner la possibilité d'une diversification, tant au sein de l'industrie sucrière que pour passer à autre chose ».

Vers la désignation d'un candidat ACP au poste de secrétaire général de l'OMC

Les ACP ont décidé de poursuivre les consultations pour identifier, parmi eux, sera candidat au poste de Secrétaire général à l'OMC. « Les ACP estiment qu'un directeur général issu d'un pays ACP servirait aussi bien l'OMC que le monde en développement », a déclaré le Président. La candidature de Yaya Krihsna Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du commerce de Maurice, n'a pas, à ce stade, été appuyée, « mais le groupe ACP n'aura qu'un candidat », a assuré le M. Knight.

Les ACP toujours opposés à une clause sur les armes de destruction massive dans l'accord de Cotonou

A la veille de la session ministérielle conjointe ACP/UE, M. Knight a expliqué les divergences entre les ACP et les Européens sur: - l'inclusion d'une clause sur la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. « « Le groupe ACP maintient sa position, le problème des armes de destruction massive ne devrait pas être traité dans l'article 9 de l'accord de Cotonou » ; - la Cour pénale internationale: l'UE voudrait que les pays ACP en tant que groupe approuvent le statut de Rome. « Notre position est que certains pays ACP ne sont pas prêts à accepter cela. Nous (…) souhaitons que chaque pays décide souverainement de ce qu'il souhaite faire » ; - la facilité d'investissement, pour laquelle les ACP demandent plus de souplesse.

Réunis à Bruxelles, lors de la Journée mondiale de lutte contre le VIH Sida, les ministres ACP ont adopté une déclaration soulignant l'importance de la prévention et du traitement des femmes et des jeunes filles. Le Conseil est conscient de la nécessité de relever ce défi (un des objectifs de développement pour le Millénaire), l'Afrique subsaharienne et les Caraïbes étant particulièrement frappés.

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