Bruxelles, 02/11/2004 (Agence Europe) - En adoptant, lors de sa session plénière d'octobre à Bruxelles, son avis intitulé "Pour une meilleure mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne", le Comité économique et social européen (CESE) demande aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE de respecter les engagements pris à Lisbonne en mars 2000 et critique les carences de la mise en oeuvre par les Etats membres des objectifs de cette stratégie. Bruno Vever, directeur du Medef (patronat français) auprès de l'UE, est le rapporteur de l'avis, Erik Ehnmark (responsable du syndicat suédois SACO) et John Simpson (consultant britannique en affaires économiques), les co-rapporteurs.
Par cet avis, le CESE considère que la nécessaire révision de la stratégie de Lisbonne doit se conformer à quatre exigences, a expliqué Bruno Vever: 1) cette stratégie n'est par reportable à demain, la compétition internationale s'accentue chaque jour, il faut donc agir vite; 2) il ne peut y avoir de stratégie de Lisbonne sans règles minimales internationales; 3) la mise en oeuvre de cette stratégie ne doit pas aller à l'encontre du modèle social européen; 4) cette stratégie dépend d'un resserrement des partenariats européens, nationaux et régionaux, tant entre les Etats qu'avec les représentants socioprofessionnels et les partenaires sociaux. Le CESE propose ainsi une liste d'actions spécifiques, qui sera soumise au Sommet de printemps 2004, pour améliorer la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne, à savoir: 1) faire en sorte que les Etats membres s'approprient davantage la stratégie; 2) renforcer la croissance et la cohésion; 3) mettre en oeuvre plus efficacement le marché intérieur; 4) promouvoir l'innovation et la qualité; 5) réorganiser la politique sociale; 6) promouvoir le partenariat public-privé pour la recherche; 7) protéger plus activement l'environnement; 8) obtenir l'adhésion des citoyens.
Erik Ehnmark a précisé quant à lui "la nécessité d'attacher la même importance aux aspects sociaux d'une part, et économiques et industriels d'autre part". Et d'ajouter: "1) les objectifs de Lisbonne sont toujours d'actualité mais leur mise en oeuvre au niveau national a pris du retard; 2) cette situation est liée à l'absence d'implication; 3) il faut reconnaître à la politique sociale son caractère de condition préalable à la compétitivité et à la productivité; 4) il faut développer en Europe plus de politiques macroéconomiques de soutien à la demande; 5) il convient d'accorder beaucoup plus d'attention à l'esprit d'entreprise ainsi qu'aux PME".
Enfin, le Comité ambitionne de servir de forum européen afin de permettre à la société civile de poursuivre le dialogue sur la mise en oeuvre de cette stratégie et fait savoir qu'il collaborera par ailleurs étroitement avec des organes nationaux similaires dans le but de promouvoir l'application des mesures nécessaires.
Cet avis sera suivi d'une déclaration de tous les présidents des Conseils économiques et sociaux nationaux qui sera adoptée lors de leur réunion des 25 et 26 novembre à Luxembourg. Les 26 et 27 janvier 2005, le Comité organise à Luxembourg (qui présidera l'UE à ce moment-là) une conférence avec la société civile et les présidents des Conseils économiques et sociaux nationaux. Le Premier ministre Jean-Claude Juncker présidera cette conférence, a annoncé le syndicaliste italien Mario Sepi (qui a présidé le groupe de pilotage instauré suite à la saisine du Sommet de mars 2004 et composé de MM.Vever, Ehnmark et Simpson) en ajoutant que "toutes ces activités se situent dans la démarche du CESE qui consiste à mobiliser aussi la société civile sur Lisbonne et pas seulement sur la Constitution".