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Bulletin Quotidien Europe N° 8819
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/moyen-orient

Le Conseil Affaires générales appuie les actions concrètes proposées par M. Solana en vue de revitaliser la mise en œuvre de la feuille de route

Bruxelles, 02/11/2004 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis mardi en Conseil sous la présidence de Bernard Bot, ont appuyé une série de suggestions pratiques que le Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana leur a présentées en vue de relancer et revitaliser la mise en œuvre de la feuille de route pour la paix au Moyen-Orient. Les pistes d'action proposées, qui peuvent toutes être mises en œuvre à court terme, visent aussi à aller de l'avant "plus rapidement" dans le processus, a expliqué M. Solana à la presse. "Nous avons désormais un accord là-dessus entre les Etats membres de l'UE et nous allons maintenant essayer de voir avec les Palestiniens et les Israéliens comment nous pourrons faire avancer plus rapidement le processus", avec comme objectif la création de deux Etats distincts et indépendants coexistant en paix, a expliqué le Haut Représentant. Concrètement, les actions concernent:

La sécurité. "La sécurité continue à être l'élément le plus important", a dit M. Solana à la presse. "Nous allons donc voir, ensemble avec les dirigeants palestiniens qui sont actuellement à Paris et avec ceux qui sont à Ramallah, comment nous pourrons donner une impulsion positive en faveur d'une sécurité renforcée. L'Union européenne est prête à faire tout ce qu'elle peut pour les aider dans ce domaine, car sans un minimum de garanties de sécurité, il ne sera pas possible d'avancer dans la direction que nous souhaitons", a affirmé M.Solana. L'UE va notamment mettre en œuvre un programme d'assistance spécifique en faveur de la police palestinienne, en coordination avec l'Egypte et d'autres partenaires. Ce programme devrait déjà être opérationnel d'ici janvier 2005. En contrepartie, l'Autorité palestinienne devra s'engager à appuyer entièrement ce programme d'assistance, prendre des mesures efficaces pour mettre fin aux activités terroristes et relancer la coopération avec Israël sur les questions de sécurité. Israël, pour sa part, est invité à faciliter la mise ne œuvre du programme d'assistance de l'UE et à éviter toute action qui pourrait miner l'efficacité des opérations policières de l'Autorité palestinienne.

Les réformes. L'UE va aider l'Autorité palestinienne à poursuivre le processus de réformes internes qu'elle a entamé. Des institutions démocratiques et durables et un cadre législatif solide sont des éléments importants pour la préparation d'un futur Etat palestinien indépendant. L'Autorité palestinienne sera aidée à définir les réformes prioritaires et des calendriers de mise en œuvre. Israël doit transférer "sans conditions" à l'Autorité palestinienne les revenus fiscaux qu'elle a récoltés au nom des Palestiniens.

L'assistance économique de l'UE. "La poursuite de l'aide économique est fondamentale" pour la poursuite du processus de paix, a dit M.Solana. L'aide économique de l'UE devra cependant être davantage ciblée sur des mesures visant à développer un Etat palestinien "viable". Israël devra lever tous les obstacles identifiés par la Banque Mondiale qui empêchent un développement économique durable de la Palestine.

Les élections palestiniennes. Il est important que des élections locales aient enfin lieu, "car ce sera dans l'intérêt de tout le monde", a souligné M.Solana. "Nous pensons que les prochaines élections seront fondamentales, plus importantes que jamais". C'est pourquoi l'UE leur attache une importance particulière, souhaite qu'elles puissent se dérouler dans des conditions "normalisées" et que leurs résultats soient "constructifs et positifs pour les territoires occupés et toute la région". Etant donné qu'elle ne pourra pas envoyer une mission officielle d'observateurs en Palestine pour superviser les élections locales, l'UE devrait au moins envoyer des observateurs parlementaires pour assurer une présence politique sur place, a suggéré M.Solana.

Toutes ces actions à court terme sont en parfaite conformité avec la feuille de route "qui reste le seul moyen d'aboutir à notre objectif, d'avoir deux Etats distincts coexistant en paix", a répété M.Solana. A plus long terme, la reprise des négociations directes entre les parties sera "indispensable", a-t-il affirmé. L'UE doit se préparer à lancer rapidement de nouvelles initiatives avec les Etats-Unis après les élections présidentielles du 2 novembre. Le vote positif, la semaine dernière à la Knesset, sur le plan de retrait de Gaza est une évolution dont il faut se féliciter, a estimé M. Solana, mais le retrait de Gaza « n'est pas la fin du processus. Au contraire, c'est le début d'un processus qui doit mener à la fin de l'occupation, d'abord à Gaza et ensuite dans le reste des territoires occupés », a insisté M.Solana.

Sur l'état de santé de Yasser Arafat, M.Solana a dit qu'il a eu des contacts ces derniers jours à la fois avec l'entourage de M.Arafat à Paris ("nous sommes en contact avec eux jour et nuit") et les responsables de l'Autorité palestinienne qui assurent la gestion des affaires courantes à Ramallah en l'absence du Président. Ces derniers font du bon travail, ce qui prouve aussi que les institutions palestiniennes "fonctionnent", a estimé M.Solana. En attendant le rapport des médecins de M.Arafat à Paris, "ma préoccupation première, en tant qu'être humain et homme politique, est la santé du Président Arafat".

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