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Bulletin Quotidien Europe N° 8807
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/moyen-orient

M. Solana a présenté au PE les grandes lignes des mesures à court terme qu'il proposera prochainement au Conseil en vue de "re-dynamiser" la feuille de route - A moyen terme, l'UE doit jouer un "rôle plus risqué" et renoncer à la "politique des petits pas", selon le Haut Représentant

Bruxelles, 14/10/2004 (Agence Europe) - Le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, a présenté mercredi soir à la session plénière du PE les grandes lignes des mesures qu'il entend proposer le 2 novembre au Conseil "Relations extérieures" en vue d'accroître la présence et la visibilité diplomatique de l'UE dans le conflit israélo-palestinien et de tenter une re-dynamisation de la feuille de route pour la paix au Moyen-Orient. Une telle initiative - qui doit surtout inclure des mesures pratiques à très court terme - avait été annoncée par M. Solana lors du débat des ministres des Affaires étrangères, lundi dernier au Conseil à Luxembourg (voir EUROPE du 13 octobre, p.6). L'UE a une "vision claire" de la voie à suivre pour aboutir à la paix: il s'agit de la feuille de route, "que nous devons défendre du début jusqu'à la fin", a dit M.Solana, qui s'exprimait pour la première fois devant la plénière du nouveau Parlement européen.

Que peut faire l'UE à court et moyen terme pour relancer le processus de mise en oeuvre de la feuille de route? "A court terme, nous devons travailler sur les quatre pistes suivantes", a expliqué M.Solana (les pistes sur lesquelles il présentera le 2 novembre des propositions détaillées): 1) la sécurité. L'UE possède les capacités et les moyens pour aider l'Autorité palestinienne à améliorer la situation de la police, afin que celle-ci joue son rôle de manière plus sérieuse et efficace. La police doit être renforcée pour mieux pouvoir lutter contre le terrorisme et faire respecter l'ordre. "Nous avons les moyens et la volonté d'apporter une aide supplémentaire dans ce domaine", a dit M.Solana; 2) les réformes politiques et institutionnelles. L'UE va aider l'Autorité palestinienne à faire aboutir les réformes en cours. "Les dirigeants palestiniens peuvent être convaincus que s'ils vont dans la voie des réformes, nous les aideront"; 3) l'aide économique. "Nous sommes prêts à poursuivre notre aide économique, il n'y aura pas de problème de ressources, l'aide continuera à arriver". Mais, de l'autre côté, les responsables palestiniens et israéliens doivent savoir que le contribuable européen ne peut pas éternellement payer si ces aides ne débouchent pas sur la paix, a expliqué M.Solana; 4) le processus électoral en Palestine. Il faut les infrastructures et les organes nécessaires pour que les gens aient confiance et il faut que l'Autorité palestinienne, dans ses déclarations, aille dans le sens de l'existence de deux Etats.

Quant à la stratégie que l'UE devrait suivre à moyen terme, M.Solana a estimé que l'Union devrait jouer un "rôle un peu plus risqué" et pousser pour que l'on arrive à une solution de paix "plus rapidement". "Nous pensons que la politique des petits pas est arrivée à ses limites et que l'on n'avancera pas plus avec elle", a dit M.Solana: "Il faut accélérer le rythme, car la lenteur entraîne des souffrances et des frustrations. Cette lenteur nous mène à rien de positif, ni pour les Palestiniens, ni pour les Israéliens, ni pour les pays de la région". Après les élections américaines, l'on verra si de nouvelles opportunités se présenteront pour avancer sur cette voie. La feuille de route doit être entièrement respectée, y compris son objectif d'aboutir à la coexistence pacifique de deux Etats séparés. "C'est pourquoi les récentes déclarations des responsables israéliens (indiquant que le désengagement unilatéral d'Israël de la bande de Gaza aurait comme objectif d'empêcher la création d'un Etat palestinien: NdlR) sont inacceptables pour l'Union européenne", car elles vont à l'encontre de la feuille de route que le gouvernement israélien a signée. Ce genre de déclarations mène à des "pertes de confiance", car "ce n'est pas honnête". En outre, pour l'UE, il est clair que les frontières de l'Etat d'Israël doivent être celles de 1967, a précisé M.Solana.

Le Commissaire Chris Patten, qui faisait mercredi sa dernière apparition devant le PE, a lui aussi estimé qu'il était irréaliste d'espérer une amélioration de la situation au Moyen-Orient avant les élections américaines, "et même après, il ne faut pas s'attendre à des miracles". Au cours des cinq dernières années, la Commission a poussé l'Autorité palestinienne à se réformer. "J'accepte que le Président Arafat est une partie du problème, mais il n'est pas le seul problème. Mais ce qui est sûr, c'est que la réforme de l'Autorité palestinienne est une partie de la solution", a dit M.Patten. L'UE est de loin le plus grand donateur d'aide aux Palestiniens, mais elle doit se poser des questions sur l'efficacité de cet argent aussi longtemps que Israël ne donne pas certaines garanties sur le retrait de Gaza et sur les perspectives à moyen et long terme, a affirmé M.Patten. "Notre rôle en tant que principal fournisseur d'aide à la reconstruction en Palestine doit dépendre de l'existence d'un véritable dialogue avec les autorités israéliennes. Sinon, je crains que l'argent soit simplement gaspillé".

Au cours du débat, tous les intervenants ont exprimé leur soutien à la feuille de route "qui reste la seule voie possible", ainsi qu'à l'objectif des deux Etats. La Suédoise Cécilia Malmström (ALDE) a relancé l'idée d'une présence internationale dans les territoires occupés pour assurer la stabilité et la sécurité nécessaires pour faire avancer le processus politique.

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