Bruxelles, 14/10/2004 (Agence Europe) - La ratification de la Constitution européenne est pour moi "une source d'inquiétude: l'issue est inconnue, un référendum chasse l'autre. Et chaque fois que la Commission Barroso - qui est une bonne équipe - va lancer une initiative, des chefs d'Etat et de gouvernement vont lui expliquer qu'il faut attendre leur référendum. On va donc risquer l'immobilisme". C'est ce qu'a déclaré le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker mercredi soir, lors d'une conférence organisée par la Fondation Bertelsmann. Et il a ajouté une exhortation: ne laissons pas toutes les décisions à ceux qui seront les dirigeants européens en 2030 ou 2040, car ils auront "un souvenir de Staline comme j'en ai de Guillaume II ou de Clemenceau (...). Faisons notre travail maintenant".
M. Juncker a souhaité l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie au premier semestre 2005, sous présidence luxembourgeoise: mais pas au galop, et l'issue des négociations doit être ouverte, a-t-il répété. Et il s'est souvenu: lorsque je voulais parler de la monnaie européenne, à Washington en 1995, Bill Clinton et son ministre des Finances Rubin me demandaient déjà: "parlez-moi de la Turquie !".