Bruxelles, 14/10/2004 (Agence Europe) - Suite à la forte hausse récente des prix du pétrole, la Banque centrale européenne (BCE) s'inquiète, dans son rapport mensuel d'octobre publié jeudi, de savoir "si la flambée de l'or noir se répercutera sur les salaires et les prix à la production dans le reste de l'économie". La Banque craint que les syndicats exigent une augmentation subséquente des salaires, et pour en discuter "face à face", le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) John Monks et son Secrétaire général adjoint Reiner Hoffmann rencontreront de manière tout à fait informelle, le 9 novembre à Francfort, le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet et le « Chief Economist » de la BCE, Otmar Issing.
John Monks se voudra rassurant: il promettra une "modération salariale malgré la hausse des prix du pétrole, dans l'espoir de convaincre la Banque de ne pas relever trop vite ses taux d'intérêt". Le Secrétaire général de la CES ne veut en aucun cas se servir de la hausse des prix de l'or noir comme excuse pour demander une augmentation des salaires. "Il y a une position commune sur la question des salaires selon laquelle la hausse des prix de l'énergie ne doit pas aboutir à de la surenchère dans les revendications salariales. Nous espérons par ce biais que la BCE restera calme et maintiendra les taux d'intérêt à un bas niveau", a indiqué Heinz Putzhammer (responsable à la DGB) au Financial Times Deutschland. Et il a été appuyé par Reiner Hoffmann qui a assuré au même quotidien qu'il ne fallait "rien craindre du côté des salaires".
Ces propos devraient rassurer la BCE, qui fait dépendre le maintien de son taux d'intérêt directeur à son niveau actuel (2% depuis juin 2003) de l'absence de « dérapage des salaires en zone euro", note l'AFP de Francfort. Pour la BCE, "il est extrêmement important d'éviter des réactions inadéquates telles que celles observées lors des périodes antérieures de fortes poussées des cours du pétrole". Elle ajoute que "les informations disponibles n'indiquent pas un renforcement des tensions inflationnistes sous-jacentes dans la zone euro. L'évolution récente des salaires est restée très modérée et cette tendance devrait se poursuivre".
Au cours de la rencontre informelle du 9 novembre, les délégations discuteront également (à la demande des syndicats): - de l'évolution des salaires et des négociations collectives dans les dix nouveaux Etats membres de l'UE; - de l'interaction des politiques macroéconomiques et des réformes structurelles; - du renforcement du dialogue macroéconomique; - de la communication de la Commission sur "le renforcement de la gouvernance économique et la clarification de la mise en oeuvre du Pacte de stabilité et de croissance".