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Bulletin Quotidien Europe N° 8807
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/commission barroso

Les déclarations du président désigné irritent Martin Schulz - Avertissements aussi au Groupe libéral - Hans-Gert Pöttering satisfait - Rocco Buttiglione affirme: "si je devais être victime de discrimination parce que je suis catholique, je préférerais rester catholique"

Bruxelles, 14/10/2004 (Agence Europe) - Le président du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, s'est insurgé jeudi, lors de l'ouverture de la plénière à Bruxelles, contre les déclarations que le Président désigné de la Commission européenne José Manuel Barroso fait ces jours-ci à propos des futurs membres du Collège avant d'avoir pris connaissance des lettres des présidents des commissions parlementaires qui les ont auditionnés (voir EUROPE d'hier, p. 3). Mon groupe politique n'est pas disposé à se laisser traiter de la sorte, a averti le social-démocrate allemand, en ajoutant: "il n'en va pas seulement de M. Buttiglione, mais aussi de M. Barroso lui-même" (voir plus loin).

José Manuel Barroso, lors d'une conférence de presse pendant sa visite en Estonie, a déclaré: " j'ai un grand respect pour le Parlement européen, et j'ai pleine confiance en Monsieur Buttiglione. Je pense qu'il est parfaitement adapté à sa fonction (...). Ses positions personnelles ne vont pas interférer avec son boulot". Et il a noté: "n'oublions pas le contexte. Il (M.Buttiglione) a été approuvé par une commission parlementaire (la commission juridique: voir EUROPE du 8 octobre, p. 9). Par ailleurs, après une rencontre avec le Premier ministre suédois à Stockholm, M. Barroso a dit, selon Reuters, qu'il pensait que le Parlement approuverait finalement son collège. (Mais Göran Persson, avant de rencontrer M. Barroso, avait estimé, toujours selon Reuters, que M. Buttiglione, par ses propos sur l'homosexualité et le rôle de la femme, avait fait preuve d'un "sensationnel manque de jugement").

Des avertissements à M.Barroso sont venus aussi du groupe ALDE. Son président Graham Watson a affirmé, selon le Financial Times: " Je ne pense pas que nous devrions forcer M. Barroso à choisir l'une ou l'autre solution dès lors qu'il pourrait y avoir un certain nombre de possibilités (de régler le problème du rejet de deux candidats par des commissions parlementaires: NdlR). Mais s'il ne nous apporte rien, ce serait très difficile de soutenir (le Collège) au moment du vote". Dans le même groupe, le libéral démocrate britannique Chris Davies met en garde dans un communiqué: "La balle est dans le camp de Barroso. Nous ne voulons pas des victimes, mais nous voulons que notre position soit respectée. S'il veut enfoncer la tête dans le sable et s'il suppose qu'il peut ignorer le Parlement, il ne doit pas être surpris si nous rejetons la Commission en bloc".

Le Président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering se déclare pour sa part satisfait des résultats des délibérations de la Conférence des présidents: les évaluations des commissions parlementaires sur les Commissaires désignés étaient très "variées", constate-t-il dans un communique, en estimant que c'est maintenant à José Manuel Barroso de tirer les conclusions. En même temps, M. Pöttering précise que "nous attendons encore des concessions concrètes du Président Barroso à propos de la future coopération" avec le Parlement.

Dans une interview à la BBC reprise par Reuters, jeudi, Rocco Buttiglione a dit notamment: "J'ignore si j'ai suffisamment de foi pour être décapité en raison de mes convictions, mais j'ai suffisamment de foi pour renoncer à un emploi à la Commission si cela est nécessaire". M. Buttiglione, qui affirme ne pas avoir parlé de son propre sort avec M. Barroso, ajoute: "Je pense qu'il est sans doute préférable, pour le Parlement européen et pour l'Europe, d'avoir un homme de conscience; mais si je devais être victime de discrimination parce que je suis catholique, je préférerais rester catholique". Comme nous l'avons indiqué, les commissions parlementaires ont rejeté seulement deux candidats - Buttiglione et Kovacs - mais ont exprimé de sérieux doutes sur trois autres- Kroes, Fischer Boel et Udre.

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