Bruxelles, 10/06/2004 (Agence Europe) - Les chefs d'Etat et de gouvernement du G-8 ont adopté, lors du sommet de Sea Island, le projet américain de "Partenariat pour le progrès et un avenir commun dans le Grand Moyen-Orient et l'Afrique du Nord", un projet évoqué la première fois en novembre 2003 et qui demeure controversé dans les pays concernés et aussi dans l'UE (qui doit adopter sa propre stratégie à l'égard de la région lors du Conseil européen des 17 et 18 juin: voir EUROPE du 26 mars, p. 6, au sujet du rapport intérimaire présenté par Javier Solana au Conseil européen de mars dernier). Tout en reconnaissant leur responsabilité particulière en ce qui concerne le soutien aux réformes "démocratiques, sociales et économiques" dans la région, les participants au sommet ont mis l'accent sur la nécessité que de telles initiatives soient prises par les pays concernés eux-mêmes. La déclaration adoptée par le sommet souligne aussi l'importance, pour le progrès dans la région, de régler les conflits de longue date, en particulier le conflit israélo-palestinien, tout en notant que les conflits régionaux ne doivent pas être des obstacles aux réformes. La déclaration évoque aussi le Processus de Barcelone lancé par l'UE avec les pays tiers méditerranéens.
La déclaration a été adoptée après une rencontre avec des dirigeants de Turquie, Afghanistan, Algérie, Jordanie, Yémen, Bahreïn, et aussi avec le nouveau président irakien, Ghazi Al-Yaouar. Lors d'une conférence de presse à Savannah, le Premier ministre turc Erdogan a confirmé ses réserves sur l'initiative, en estimant que "les changements ne doivent pas être imposés de l'extérieur".
Des propos semblables ont été tenus par le Président Chirac, qui a averti: "la réforme ne se décrète pas de l'extérieur (...). Les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord n'ont pas besoin de missionnaires de la démocratie".