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Bulletin Quotidien Europe N° 8723
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Les dirigeants du G8 sont satisfaits de la reprise mondiale et promettent de parvenir à relancer les négociations OMC

Bruxelles, 10/06/2004 (Agence Europe) - Les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis, Canada, Japon et Russie), réunis de mardi à jeudi sur l'île de Sea Island, un lieu de villégiature pour milliardaires sur la façade atlantique de la Géorgie aux Etats-Unis, se sont montrés satisfaits des perspectives de l'économie mondiale, les meilleures depuis la fin des années 70, malgré les incertitudes que peuvent susciter la flambée des prix du pétrole et l'ampleur du déficit budgétaire et commercial américain. En outre, le G8 a mis tout son poids politique pour débloquer le cycle de Doha avant la fin du mois de juillet.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une hausse de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) mondial cette année et de 4,4% en 2005. Les Huit ont estimé qu'on pouvait être « nettement plus optimistes » sur la croissance en Europe, « chacun citant le chiffre de 2% comme un chiffre minimum en ce qui concerne la croissance européenne », a affirmé le président français Jacques Chirac, lors d'une conférence de presse. A titre de comparaison, le PIB américain devrait grimper de 4,6% cette année, selon le FMI.

Jacques Chirac a fait écho de ses inquiétudes au sujet des « conséquences éventuelles du fort déficit budgétaire et commercial américain sur l'avenir et notamment sur les changes et les taux d'intérêt ». Le chancelier allemand Gerhard Schröder a souligné surtout les risques de la hausse des prix du pétrole. Le prix du pétrole n'est pas, pour le G8, un problème actuel, « mais un problème potentiel », a déclaré M. Schröder, en ajoutant que les dirigeants avaient demandé à leurs ministres de l'Energie de faire des propositions, dans les six mois, pour rendre le marché plus transparent.

Les dirigeants du G8 ont affirmé qu'ils feraient tout pour parvenir d'ici à la fin juillet à un déblocage du cycle de Doha de l'OMC. « Nous sommes déterminés à avancer rapidement d'ici à la fin juillet pour mettre au point un accord cadre sur les questions clés », lit-on dans le communiqué officiel du G8. Le communiqué souligne aussi que « la libéralisation du commerce est un élément clé de la prospérité. Elle est l'un des moyens les plus efficaces de générer de la croissance économique, et représente un grand potentiel pour le développement et l'amélioration des niveaux de vie ». Le climat des négociations s'est un peu réchauffé à la mi-mai, après que l'Union européenne eut accepté de remettre en cause ses aides agricoles à l'exportation, à condition que les autres pays industrialisés fassent de même avec leurs propres formes de soutien aux exportations agricoles. Un responsable américain, Jim Wilkinson, conseiller adjoint pour la sécurité nationale, a affirmé que les pays du G8 étaient d'accord pour se concentrer sur les points clé de la négociation, à savoir « les subventions agricoles qui ont un effet de distorsion sur le commerce » ainsi que l'accès aux marchés (la réduction des barrières douanières). La déclaration du G8 mentionne spécifiquement le problème du coton, crucial pour les pays africains, un problème qui « doit être réglé de façon ambitieuse dans le cadre des négociations sur l'agriculture », dit le communiqué du G8. Dans une décision récente, l'organe de règlement des différends de l'OMC a donné raison au Brésil qui accusait les Etats-Unis de subventionner illégalement leur production cotonnière.

Affrontement entre Romano Prodi et Silvio Berlusconi sur la BCE et l'euro

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi et Romano Prodi, président de la Commission européenne, se sont affrontés à Sea Island sur l'euro et sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE). M. Berlusconi a ouvert le feu en critiquant publiquement la politique de la Banque centrale et l'euro fort, « qui renchérissent nos produits achetés en dollars et mettent en difficulté nos exportations ». « Il n'est pas évident que le niveau de change de l'euro soit un facteur négatif », a rétorqué devant la presse M. Prodi, pour qui « un euro fort aide à tenir l'inflation sous contrôle ».

Silvio Berlusconi a demandé de créer un comité politique chargé de conseiller les gouverneurs de la BCE pour les décisions concernant les baisses des taux d'intérêt. M. Prodi a réagi, en défendant devant la presse « l'indépendance de la BCE, pierre angulaire de la politique économique de l'Union européenne ». « Je n'ai fait qu'avancer une hypothèse qui circule au sein de l'Union européenne et dont a parlé le ministre français de l'Economie », s'est justifié Silvio Berlusconi. Critiquant lui aussi la BCE, le ministre français Nicolas Sarkozy a de nouveau évoqué la possibilité de mettre en place un « gouvernement économique européen » qui serait l'interlocuteur de la BCE. « Il apparaît nécessaire de donner à la BCE une mission plus vaste que celle qui lui a été assignée - le contrôle de l'inflation -, car en période de stagnation ou de faible croissance le problème n'est pas la hausse des prix, mais la croissance », a expliqué M. Sarkozy.

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