Bruxelles, 09/06/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne a salué la décision de la Cour de cassation turque, mercredi, de libérer Leyla Zana et les trois autres anciens députés kurdes emprisonnés depuis 1994, en attendant le verdict sur la demande de cassation de leur condamnation. Cette décision est "un signe que la mise en œuvre des réformes que la Turquie a introduites depuis deux ans gagne du terrain", s'est félicité le Commissaire européen à l'élargissement Günter Verheugen. La Commission, qui estime, comme la Cour européenne des droits de l'homme, que Leyla Zana et ses compagnons n'avaient pas eu droit à un procès équitable, lorsqu'ils ont été condamnés à 15 ans d'emprisonnement en 1994, puis en appel en avril dernier, exprime sa "confiance que les futures sessions du procès (en appel) seront conduites en conformité avec les principes d'un procès équitable et que le verdict de tout futur procès refléteront ces principes". La Cour de Cassation turque doit se prononcer le 8 juillet sur la demande de son procureur que le verdict de 15 ans d'emprisonnement soit cassé pour vice de forme.
Le ministre turc de la Justice Cemil Cicek a immédiatement déclaré que les Etats membres de l'Union européenne n'avaient plus d'excuses pour refuser, lors du Conseil européen de décembre, d'ouvrir les négociations d'adhésion avec la Turquie. "Ceux qui cherchent des prétextes pour refuser à la Turquie l'adhésion à l'UE ont perdu leur dernier atout", a-t-il déclaré, selon l'agence Anatolie.
Le Président du Parlement européen, Pat Cox, s'est "chaleureusement félicité" de cette libération. Pat Cox y voit "une avancée très positive dans le processus de réforme lancé en Turquie". Il espère que Leyla Zana "pourra enfin venir en personne au Parlement européen pour recevoir le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit", que le PE lui avait attribué en 1994. Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, a lui aussi salué la nouvelle, en espérant que les tribunaux turcs "arriveront à la conclusion que la Cour de sécurité de l'Etat, entre-temps abolie, n'était pas en conformité avec les standards européens, et, en conséquence, que (le verdict) sera annulé et les peines de prison levées".