Bruxelles, 26/11/2003 (Agence Europe) - Le Commissaire Philippe Busquin a présenté, le 25 novembre, les « Chiffres clés 2003-2004 » et « La fuite des cerveaux et la mobilité des chercheurs », deux nouvelles publications de ses services qui soulignent une fois encore les faiblesses de la recherche européenne par rapport au Japon et aux Etats-Unis. Pour renverser la tendance, il revient sur la nécessité d'accélérer la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne, avec une nécessité absolue augmenter les investissements tant privés que publics afin d'atteindre l'objectif de 3% du PIB d'ici 2010. Devant la presse, il a dit que s'il ne fallait retenir qu'une seule chose du rapport Sapir, ce serait que « la recherche doit être la priorité numéro un ». « Mon collègue Michel Barnier écrivait récemment que le budget du prochain programme-cadre doit doubler par rapport au programme actuel. Je l'approuve, bien sûr, et j'ajoute: c'est un minimum ». Mais même 40 milliards d'euros pour le septième programme-cadre de recherche ne suffiront pas si le secteur privé ne fait pas d'effort de son côté. Or, les études montrent que les entreprises étrangères investissent moins dans la recherche en Europe alors que les entreprises européennes investissent plus à l'étranger. En 1991 l'Union représentait 80% des dépenses totales de R&D effectuées par des entreprises américaines à l'étranger ; aujourd'hui, cette part est tombée à 70%. Les entreprises européennes investissent 30% de plus dans la recherche aux Etats-Unis que les entreprises américaines en Europe. Au total, cela représente pour 2001 seulement une perte nette de 5 milliards d'euros au profit des Etats-Unis et du Japon. La leçon qu'en tire le Commissaire, c'est qu'il faut « transformer radicalement l'environnement de la recherche » et même mobiliser les banques. « Il faut mobiliser tous les acteurs », insiste M. Busquin qui souhaite que l'Union décide d'un objectif concret pour le recrutement des chercheurs en vue d'atteindre 8 chercheurs pour 1000 actifs d'ici 2010 au lieu de 5 pour 1000 actuellement. « Cet objectif sera le pendant humain de l'objectif de 3% pour les investissements de recherche », ajoute-t-il.