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Bulletin Quotidien Europe N° 8502
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/sucre

L'UE regrette la décision du Brésil, de l'Australie et de la Thaïlande d'attaquer l'OCM du sucre

Bruxelles, 10/07/2003 (Agence Europe) - "L'Union regrette profondément la décision du Brésil, de l'Australie et de la Thaïlande de demander la constitution d'un groupe spécial de l'OMC contre l'organisation commune du marché du sucre européen", souligne la Commission européenne dans un communiqué publié, jeudi, en réaction à l'annonce de l'ouverture prochaine d'un arbitrage dans cette affaire (voir EUROPE du 9 juillet, p. 17). « Ces pays contestent le droit de l'Union d'exporter du sucre sans restitutions à l'exportation ainsi que les arrangements spéciaux convenus dans le cadre du Cycle d'Uruguay pour le sucre originaire des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique », estime-t-elle, en rappelant que les ACP ont exprimé le mois dernier, leurs « profondes inquiétudes et leur opposition » à l'attaque menée par le trio parce qu'elle "risque de fragiliser leurs exportations préférentielles de sucre à destination de l'Europe". Le trio, membre de l'alliance stratégique des puissances agricoles de Cairns, affirme qu'il ne s'en prend qu'aux subventions sucrières européennes et, en même temps, que les restitutions à l'exportation visées par l'arbitrage couvrent aussi le sucre originaire des ACP - outre le sucre livré par l'Inde et le sucre C, c'est-à-dire les quantités produites au-delà du quota communautaire dont le débouché est généralement le marché mondial (voir EUROPE déjà cité). Mais, pour le Commissaire Franz Fischler, responsable de l'agriculture, "cette remise en cause de la situation existante est difficile à comprendre » et « l'objectif poursuivi n'est rien de moins qu'une attaque contre la politique de développement de l'UE ». Car, une chose est claire, selon lui: « les plaintes déposées par le Brésil, l'Australie et la Thaïlande risquent de mettre en danger les bénéfices apportés par le régime européen à beaucoup de pays en voie de développement dépendant du sucre, spécialement les pays ACP ». « Et, pour couronner le tout, ces pays remettent en cause les engagements souscrits par tous les membres de l'OMC lors du cycle de l'Uruguay", souligne-t-il dans une référence à une note de bas de page qui est l'une des cartes maîtresse de l'Union dans cette affaire et dont la valeur juridique pèsera sans doute lourd sur le jugement des experts. Le Commissaire Pascal Lamy, responsable du commerce, avertit pour sa part que "l'action engagée devant l'OMC risque non seulement de déstabiliser les économies de certains petits pays ACP tributaires du commerce du sucre, mais aussi de créer un rideau de fumée destiné à masquer les véritables causes de la dépression actuelle des cours mondiaux du sucre".

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