Bruxelles, 10/07/2003 (Agence Europe) - Après s'être félicité du "succès pour l'Europe" qu'a constitué l'informelle "Transports" de Naples des 4 et 5 juillet (voir EUROPE du 8 juillet, pages 7 et 8), le ministre italien des Transports Pietro Lunardi a présenté mardi à la presse les six priorités de la Présidence de l'UE dans son secteur. Il a particulièrement mis l'accent sur la relance des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) ainsi que sur les avancées nécessaires en matière de sécurité routière. Le ministre a également confirmé vouloir clôturer le dossier des écopoints avant la fin de l'année.
S'agissant des RTE-T, M. Lunardi s'est félicité des travaux du groupe de haut niveau présidé par Karel Van Miert en soulignant que les résultats atteints "sont très importants" dans la mesure où c'est la première fois qu'est dressé "un plan à l'échelle européenne". La Présidence italienne entend placer au centre de son mandat la relance des initiatives visant le renforcement des infrastructures et le développement d'un RTE-T intégré et efficient en termes de qualité, de durabilité, de sécurité et d'équilibre modal afin de réaliser pleinement le marché intérieur et de garantir des conditions d'accès égales à tous les pays membres dans le contexte de l'élargissement. Elle estime que l'élément principal consiste à définir et à réaliser des projets d'infrastructure d'intérêt commun, en tenant compte des choix déjà existants et en définissant les priorités et les axes de trafic ainsi que les problématiques fondamentales comme l'élimination des goulets d'étranglement et l'achèvement des liaisons manquantes, l'amélioration de la qualité des services existants et la construction des interconnexions nécessaires (corridors) vers les futurs pays membres, les Balkans et la région méditerranéenne, et l'équilibre des grands axes de circulation Nord-Sud et Ouest-Est (ce qui inclut évidemment la question du transit alpin).
Autre priorité: le développement durable des transports. A cet égard, M. Lunardi a plaidé en faveur d'incitants forts pour le développement des modes de transport présentant un impact limité pour l'environnement, c'est-à-dire le rail et le transport maritimes. Il a estimé que des systèmes alternatifs comme les "autoroutes de la mer" devraient être optimisés dans la perspective du rééquilibrage modal.
Abordant la question du financement des nouvelles infrastructures, le ministre a confirmé que la Présidence entend approfondir la question de la tarification de l'utilisation des infrastructures, avec notamment la modification de l'eurovignette (voir EUROPE d'hier, p. 12). Il a également mis l'accent sur la nécessité de développer des financements croisés d'un mode de transport à un autre, en particulier de la route vers le rail. M. Lunardi s'est en outre promis d'étudier les propositions en matière d'interopérabilité des systèmes de péage.
Le ministre a également assuré que la Présidence s'efforcerait de continuer le processus de libéralisation avec la poursuite des travaux relatifs au deuxième paquet ferroviaire, à la privatisation des services portuaires et au paquet "ciel unique". Il a par ailleurs affirmé que la sécurité routière constituerait "l'objectif par excellence de la Présidence". Cette dernière se propose de poursuivre les travaux relatifs à la sécurité des tunnels et au renforcement des contrôles et des sanctions. M. Lunardi a ajouté que, dans le domaine maritime, l'attention se porterait sur le transport de marchandises dangereuses ou polluantes ainsi que sur la protection de l'environnement marin. Dernière priorité citée par le ministre: Galileo. La Présidence italienne attache une grande importance à sa mise en oeuvre et se propose dès lors de faire avancer toutes les propositions que la Commission présentera au cours du semestre.
Enfin, le ministre a clos son intervention en rappelant que plusieurs conciliations auraient lieu au second semestre. Il a estimé que celle relative à la libéralisation des services portuaires serait vraisemblablement bouclée avant la fin de l'année. Il a également cité le "ciel unique", la protection des passagers (déni d'embarquement) et les écopoints. Concernant ce dernier dossier, qui oppose essentiellement son pays à l'Autriche, M. Lunardi a affirmé que "nous allons gérer cela de façon laïque, être les plus neutres possible en tant que Présidence", ajoutant que "ce ne sera pas une lutte Italie/Autriche". Tout en assurant que la question serait traitée avec le "détachement nécessaire", il a toutefois estimé que "l'économie de notre pays est en jeu, (...), l'Autriche a d'autres débouchés notamment vers le nord".
"Pour arriver de Salerne à Palerme, il faut aujourd'hui dix heures. Avec le pont, ce seront seulement neuf heures et demie". C'est ainsi que les élus européens des Democratici di sinistra Claudio Fava et Gianni Pittella ont commenté, après la rencontre avec Pietro Lunardi, l'insertion du pont sur le détroit de Messine parmi les projets prioritaires des grands réseaux d'infrastructures de transports. M.Pittella a reproché au gouvernement italien d'avoir sacrifié, "pour faire de la place à ce projet", le corridor n.8 "qui aurait relié l'Europe à la Mer Noire et aux marchés de l'Est".